MAROC
04/07/2019 11h:41 CET

À Tanger, un refuge pour enfants des rues fermé après une affaire de pédophilie

Un jeune Marocain avait porté plainte pour viol lorsqu'il était mineur.

FADEL SENNA via Getty Images

PÉDOPHILIE - Les mineurs marocains de l’ONG espagnole “Aucun enfant sans toit” à Tanger ont été transférés dans d’autres centres de la ville, sur ordre du procureur général, annonce El Español. Cette mesure intervient après que la présidente et fondatrice de l’association, María Rodríguez Almendros, a été entendue dans l’affaire de pédophilie impliquant un présentateur télé espagnol, Félix Ramos, en prison au Maroc depuis le 18 juin.

Selon le quotidien espagnol, le présumé pédophile, qui évolue dans le milieu du showbiz et de la télévision à Marbella, se rendait fréquemment, depuis 11 ans, dans ce centre d’hébergement pour enfants des rues quand il venait à Tanger pour tourner des vidéos sur des hôtels, des restaurants et des sociétés de transport. Au moins un mineur de l’association a porté plainte contre lui et jusqu’à son entrée en prison, il avait des relations avec un autre résident majeur, souligne le quotidien espagnol.

La gérante du centre actuellement fermé, une Espagnole née à Tanger et installée à Marbella en 1982, aurait introduit Félix Ramos au Maroc il y a plus de dix ans. Ce dernier aurait invité, à plusieurs reprises dans le centre, des connaissances, telles que Rafael Ojeda, un danseur de flamenco travesti surnommé “Falete”. Celui-ci aurait également été dénoncé pour “abus de mineurs”.

Selon María Rodríguez, “Félix s’est entiché du garçon”, a-t-elle déclaré au journal espagnol. La gérante de l’ONG aurait, par ailleurs, supplié Félix Ramos de “le laisser tranquille” et aurait averti le consulat d’Espagne que Ramos voulait faire sortir le garçon du pays alors qu’elle était “la seule personne autorisée” à le faire sortir. Elle aurait, ensuite, décidé d’expulser le jeune homme du centre, pour qu’il ne soit pas “un mauvais exemple” pour les autres garçons et ne souhaitant pas être mêlée à cette affaire de pédophilie.

Cependant, elle n’a, à aucun moment, informé les autorités de ce qui se passait dans son foyer d’accueil ou l’a signalé au poste de police, précise la même source. C’est au mois de juin que la présumée victime, âgée de 19 ans aujourd’hui, a décidé de porter plainte.

Après le dépôt de plainte, Mohamed Taib Bouchiba, coordinateur régional de l’association de protection de l’enfance et de lutte contre la pédophilie “Touche pas à mon enfant”, qui a aidé le jeune homme à dénoncer le présumé pédophile à la police, avait confié au HuffPost Maroc que d’autres jeunes sans abris de Tanger pourraient avoir également été victimes de ces personnes.