MAROC
15/07/2018 16h:21 CET | Actualisé 15/07/2018 16h:52 CET

À Rabat, des milliers de personnes rejoignent la marche nationale pour la libération des détenus du Hirak

Entre 6.000 et 8.000 personnes selon les autorités.

FADEL SENNA via Getty Images

HIRAK - Si la manifestation qui s’est déroulée le 8 juillet à Casablanca avait réuni près de 8.000 personnes, rassemblées pour réclamer la libération des détenus du Hirak, celle de Rabat, organisée ce dimanche, aurait été plus fédératrice à en croire les premières estimations et les observateurs sur place, qui évoquent quelque 15.000 personnes présentes ce 15 juillet, à l’appel des associations pro-Hirak. Les autorités locales, qui avaient annoncé “quelques centaines” de participants seulement à Casablanca la semaine dernière, avancent à l’AFP le chiffre de “6.000 à 8.000 personnes” pour la marche de Rabat. 

La marche pacifiste a commencé à 10h à Bab El Had, pour finir devant le parlement, en passant par l’avenue Mohammed V. Cette manifestation a connu la participation de citoyens, de membres des familles des détenus, d’associations, mais aussi de militants de la gauche, notamment la secrétaire général du Parti socialiste unifié (PSU), Nabila Mounib, le secrétaire national d’Annahj Addimocrati (La voie démocratique), Mustapha Brahma, ou encore le secrétaire général du Conseil national Ittihadi (CNI), Abdeslam El Aziz.

AIC Press

Le mouvement islamique Al Adl wa Al Ihsan, critiqué pour ne pas avoir participé à la marche de Casablanca, est revenu en force à Rabat pour prendre part aux protestations. Hassan Bennajeh, membre du secrétariat général du cercle politique au sein de la jamaa, confirmait cette semaine dans une déclaration à nos confrères de Hespress que la participation de la jamaa serait évidente. 

Sur place, plusieurs manifestants ont signé des lettres et pétitions qui seront ensuite “remises aux autorités étatiques compétentes”, selon les propos des participants recueillis par DabaPress.

Informateuse/Twitter

Dans les slogans scandés et les pancartes brandies, les manifestants appelaient notamment à “la libération immédiate des détenus du Hirak”, “à en finir avec le système de la Hogra”, ou encore “à oublier le temps de la prosternation”. 

Les manifestants ont fait preuve de créativité dans leurs démonstrations. Au coeur de la marche, on pouvait croiser quelques participants portant des masques des visages des détenus, se tenant derrière des barreaux ou dans des cages, ou encore un manifestant portant un masque de Zefzafi et se tenant debout devant la foule, mains menottées. 

FADEL SENNA via Getty Images

Plus loin, un participant était déguisé en “balance de l’injustice”, tandis qu’un autre avait préféré un casque de mineur et un visage fardé de noir, rappelant ainsi que la marche soutenue par une centaine d’associations engagées en faveur des revendications sociales et économiques des détenus du Hirak, ont tenu à marcher en soutien aux autres détenus arrêtés dans des conditions similaires suites à des manifestations sociales, notamment à Jerada et Zagora.

AIC Press

Cette deuxième marche intervient après deux événements qui ont marqué le post-procès du Hirak: la conférence du comité de défense et la levée de la grève de la faim par Rabie Al Ablaq.

L’ensemble des détenus, y compris Nasser Zefzafi, ont choisi de faire appel du verdict qui a condamné les 53 détenus du Hirak à des peines allant d’un an de prison avec sursis à 20 ans de prison ferme. C’est désormais la date du 30 juillet, jour de la fête du Trône, qui est dans tous les esprits, avec l’espoir partagé par les avocats et les familles des activistes jugés, que le roi Mohammed VI annonce une grâce au profit de l’ensemble des détenus.