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05/08/2019 10h:56 CET | Actualisé 05/08/2019 10h:56 CET

A qui et à quoi sert la Constitution?

- via Getty Images

1.    Aujourd’hui certains disent qu’après tout en Algérie, depuis le 9 juillet, on vit tout aussi bien sans Constitution. A la vérité, on devrait plutôt dire que, depuis le 9 juillet, on vit tout aussi mal sans Constitution. 

2.    En effet, un système autoritaire et rentier, qu’il soit prospère ou en faillite, n’a que faire d’une Constitution. Pas plus qu’il n’a besoin d’institutions ou de lois. Car dans un tel système les institutions et les lois ne sont pas réelles, mais formelles. Leur seule utilité est de donner bonne figure, à l’intérieur et à l’extérieur du pays à des pratiques «politiques», à des dynamiques «économiques», à des représentations «sociales», qui sont un décor Potemkine qui s’efforce de cacher une réalité régie, non pas par le règne du droit, la rigueur des administrateurs, la loyauté des représentants et l’impartialité des juges, mais par l’arbitraire, l’abus de pouvoir, la duplicité, le mensonge et la corruption.

3.    C’est pour cela que le départ du régime actuel et son remplacement par un nouveau régime tel que le souhaite les Algériens, ne pourra intervenir que si celui-ci est fondé sur l’adoption d’une nouvelle Constitution, et surtout, si cette nouvelle Constitution se distingue radicalement des précédentes dans le sens où le peuple la conçoit comme référence centrale de l’édifice institutionnel et politique à édifier, si cette Constitution cristallise les valeurs fondamentales du peuple algérien, et si elle est pensée pour assurer la pérennité de l’Etat, de la nation et de la société, et prendre en charge les ambitions des Algériens concernant le développement de l’Algérie et les aspirations de ses citoyens à la dignité, à la justice, à la liberté et au bonheur.

4.    L’élaboration d’une telle Constitution par le peuple algérien marquerait alors effectivement l’entrée de l’Algérie dans une nouvelle ère historique, car elle serait, pour absolument tous les citoyens, sans aucune exception possible, non pas une sorte de kit pour ruses et astuces à la disposition du premier dictateur d’opérette venu, mais une référence impérieuse et solennelle, une boussole dans les mains du peuple pour sortir définitivement de l’obscurité et de la confusion.