TUNISIE
30/08/2019 08h:54 CET

À quelques jours des élections, le parti d'islam radical "Hizb Ettahrir" refait parler de lui

Le parti qui a obtenu son visa en 2012 avait vu ses activités suspendues en 2017 après avoir renié publiquement l'Etat et appelé à la désobéissance civile.

Huffpost MG

Les élections ne sont qu’un leurre a déclaré Mohamed Naceur Ben Chouikha, un dirigeant du Hizb Ettahrir, parti de mouvance islamiste radical, jeudi, lors d’un point de presse tenu au siège du parti à l’Ariana

Selon lui, participer ou boycotter les élections ne changera en rien la situation politique, mais cela aide à consacrer les programmes et politiques dictés par les pays occidentaux, en particulier l’Union européenne, les Etats unis d’Amérique et leur mainmise sur les pays arabes pour en piller les ressources.

Ben Chouikha a appelé à unifier les rangs pour instaurer un califat et appliquer la Chariaa Islamique. Il a relevé que les pays occidentaux refusent l’idée que l’Islam soit la solution car il barrera sûrement la route à toute ingérence étrangère et rompra aux tentatives de domination et de pillage des richesses des pays musulmans.

Le dirigeant de Hizb Ettahrir a réitéré le refus de son parti des candidats à l’élection présidentielle de 2019 y compris ceux se déclarant de tendance islamiste, les qualifiant de collaborateurs de l’Occident.

Il a également dit rejeter le prochain parlement qui sera issu des élections législatives d’octobre 2019, lequel, exécutera les agendas politiques et économiques des pays occidentaux sous couvert de la légitimité et de la démocratie de façade.

Le 14 janvier dernier, en marge du 8ème anniversaire de la révolution, le parti avait fait de nouveau fait parler de lui, en faisant démonstration de force en plein coeur de la capitale, à quelques encablures du ministère de l’Intérieur, rappelant certaines scènes surréalistes vécues en 2012.

Accompagnés de leurs drapeaux noirs -et d’autres blancs-, ressemblant à ceux de l’État islamique, plusieurs dizaines de personnes, s’étaient rassemblées à l’avenue Habib Bourguiba scandant des slogans hostiles à l’État appelant à “l’instauration d’un califat selon le mode de vie du prophète” et entonnant plusieurs chants religieux.

Hizb Ettahrir est un parti qui prône l’instauration de la charia (loi islamique). Il a été créé au début des années 1980 et n’a été légalisé qu’en 2012.

Celui-ci ne reconnait pas le régime républicain qu’il combat comme l’avait affirmé son dirigeant Mohamed Naceur Chouikh.

En septembre 2016, le gouvernement tunisien avait saisi la justice militaire pour faire interdire le parti, régulièrement accusé de “troubles à l’ordre public” depuis sa légalisation en 2012.

Avant le dépôt de la plainte, la présidence du gouvernement avait prévenu le parti des dépassements que recèlent ses activités et ce comme le dispose la loi organisant les partis politiques en Tunisie.

Ignorant cette décision judiciaire, les dirigeants du parti avaient envoyé, une heure après l’annonce du verdict, des invitations pour une conférence de presse dans le local du parti situé à l’Ariana. L’objet de la conférence était selon le communiqué “l’attaque du local du parti et le gel de ses activités”.

En août 2016, la force publique avait retiré une enseigne géante installée sur le toit de leur siège à Soukra. En réaction, celui-ci avait publié un communiqué au sein duquel le parti islamiste radical menaçait le gouvernement de “couper des têtes et des mains”.

“Que le gouvernement, ses criminels et ses maitres anglais sachent que leur heure s’approche et que les musulmans n’oublieront pas leurs crimes (…) Qu’il y aura des têtes et des mains qui seront coupées, même s’ils s’accrochent sur les rideaux de la kaaba ! A cette heure-là, ni les Européens, ni les Américains, ni l’Otan ne pourront plus les servir !” indiquait le communiqué.

Face aux nombreuses réactions, le parti a affirmé ne pas être à l’origine de ce communiqué.

Suspendu d’activités plusieurs fois et menacé de dissolution, il semble aujourd’hui, que le parti Ettahrir continue d’exercer son influence, et ce malgré ses appels récurrents contre l’État républicain en Tunisie.

 

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