MAROC
16/02/2019 14h:13 CET | Actualisé 19/02/2019 09h:41 CET

À Paris, une conférence sur la liberté de la presse au Maroc brutalement interrompue

Intimidation, coupure d’électricité et jet de boules puantes.

Capture écran/Asdhom

LIBERTÉ D’EXPRESSION - Organisée à Paris à l’initiative de l’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (Asdhom), une conférence pour la liberté de la presse au Maroc a été brutalement interrompue ce vendredi 15 février. 

Accueillie au Maltais rouge, ancien local du PSU français et aujourd’hui espace d’accueil, de débats et de documentation situé dans le 11ème arrondissement de Paris, la conférence invitait Khadija Ryadi, ancienne présidente de l’AMDH au Maroc, Hicham Mansouri, journaliste condamné, poursuivi avec d’autres confrères marocains et exilé en France, et Hassane Zerrouky, journaliste à l’Humanité, à prendre la parole. 

Au bout d’environ une demi-heure, la conférence sera brutalement interrompue par ce que les organisateurs et les personnes présentes, dont Rosa Moussaoui qui rapporte l’incident ce samedi dans un article de L’Humanité, désignent comme étant “des fauteurs de troubles liés au services marocains”.

Ces derniers, une quinzaine selon L’Humanité, interviennent d’abord oralement, arguant que le Maroc “n’est pas une dictature”, avant de passer à l’intimidation et aux insultes, rapportent les témoins, qui évoquent par ailleurs une chaise jetée à travers la salle et visant un participant, mais aussi une coupure d’électricité et un jet de boules puantes dans la salle pour pousser les participants à quitter la salle et couper court à la conférence.

Une vidéo publiée par Fatiha Aarour, de l’Asdhom, et partagée sur Facebook rend compte de la scène et partage les témoignages des témoins:

“Cette opération de sabotage a été minutieusement préparée, puisque des individus se présentant comme des organisateurs de la conférence ont procédé à des repérages à l’intérieur de la salle et à ses abords plusieurs jours auparavant”, rapporte L’Humanité. “Au Maroc, où s’abat sur les acteurs des mouvements sociaux et sur les défenseurs des droits humains une répression digne des années de plomb, 14 journalistes sont emprisonnés”, conclut le journal français.