ALGÉRIE
12/11/2018 11h:58 CET | Actualisé 12/11/2018 13h:44 CET

A Paris, Ouyahia qualifie les martyrs de "morts" et provoque une polémique

Ahmed Ouyahia a qualifié à Paris les martyrs de la révolution de "morts", une "désacralisation" qui ne passe pas.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a qualifié les martyrs de la guerre de libération de “morts” lors d’un mot prononcé dimanche 12 novembre à Paris, provoquant de vives réactions d’indignation en Algérie, l’accusant notamment d’adopter un discours “néocolonialiste”. 

“Le peuple algérien a connu les horreurs de la guerre pour recouvrir son indépendance, au prix d’un million et demi de morts, de millions de victimes et de déplacés et de lourdes destructions”, a déclaré M. Ouyahia au forum de Paris sur la paix, en marge des commémorations du centenaire de l’Armistice. 

Le Premier ministre a également évoqué la décennie noire, indiquant que l’Algérie a affronté “solitairement” le terrorisme, “avec comme conséquence des dizaines de milliers de victimes et des milliards de dollars de pertes”. 

Mais c’est la qualification de “morts” du million et demi de martyrs de la révolution qui ne passe pas. Sur les réseaux sociaux et dans les médias, les critiques ont fusé envers Ahmed Ouyahia, déjà embarqué dans une polémique avec son propre ministre de la Justice, Tayeb Louh. 

Le journaliste Otmane Lahiani a estimé que le Premier ministre a eu “honte des martyrs” à Paris.

“Dans la lutte contre le colonialisme, les martyrs sont appelés des martyrs, mais le discours néocolonialiste les qualifie de morts”, a-t-il écrit sur Twitter. 

 

Le journal en ligne Algérie Patriotique a parlé de son côté de “désacralisation” des victimes de la guerre de libération. Tout en indiquant qu’Ahmed Ouyahia connait très bien “le poids des mots” quand il s’agit de la révolution, la publication s’est demandé si les propos du Premier ministre n’étaient pas prononcées par souci “de ne pas paraître comme “ringard” ou “nationaliste zélé”″ devant d’autres chef d’Etats. 

“Au mois de la révolution (novembre, ndlr), les martyrs sont tués deux fois”, a écrit de son côté la journaliste Hadda Hazem sur sa page Facebook.