22/03/2019 14h:18 CET | Actualisé 22/03/2019 14h:18 CET

À New Delhi, le Maroc met en avant ses atouts au 14e conclave sur le partenariat Inde-Afrique

Infrastructures, plan d'accélération industrielle, climat des affaires, IDE... Le royaume valorise ses stratégies.

Twitter / MyHafidElalamy
Moulay Hafid Elalamy et son homologue, le ministre du Commerce et de l'industrie de l'Inde, Suresh Prabhu.

ÉCONOMIE - Le Maroc a pris part aux travaux du 14e conclave sur le partenariat Inde-Afrique, qui ont débuté dimanche soir à New Delhi, avec la participation de plus de 37 pays africains. Représenté par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique, et une importante délégation du Maroc, le royaume a mis en avant ses différents atouts pour contribuer au développement du continent africain.

“L’objectif de ce conclave est de développer des partenariats durables entre l’Inde et l’Afrique, qui est l’une des régions les plus prometteuses au monde”, a ainsi déclaré MHE. “L’Afrique est un continent jeune avec une population totale qui a atteint 1,2 milliard d’habitants en 2017 et devrait s’élever à 2,2 milliards en 2050, dont près de 32 % ont moins de 14 ans” a-t-il rappelé, relevant toutefois les besoins importants en infrastructures pour contribuer au développement du continent.

A New Delhi, le ministre a insisté sur l’importance de ce conclave qui permet aux dirigeants indiens et africains de faire le point sur les progrès du partenariat qui lie le continent au pays asiatique et de répondre aux besoins futurs. Pour les organisateurs, ce partenariat revêt une importance cruciale pour l’économie mondiale “qui est actuellement freinée par un ralentissement, une modération des flux d’échanges et d’investissement, un protectionnisme croissant des échanges et un durcissement des conditions de financement”. 

Les stratégies sectorielles marocaines 

Le Maroc bénéficie d’une position stratégique de choix pour tout investisseur souhaitant à la fois tirer profit du potentiel économique africain, tout en bénéficiant de la proximité des grandes places financières internationales, a affirmé MHE devant l’assemblée. 

Concernant le climat d’affaires, le Maroc s’est positionné premier en Afrique du Nord, deuxième dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et troisième au niveau de l’Afrique dans le classement Doing Business de 2019, a-t-il ajouté, précisant les efforts du royaume pour atteindre l’objectif d’intégrer le top 50 mondial d’ici 2021.

Quant aux infrastructures, le Maroc est premier en Afrique en matière de qualité des infrastructures selon le “Global Competitiveness Index 2016-2017”, a dit M. Elalamy. Parmi les exemples d’infrastructures phares, il a cité le port Tanger-Med avec une capacité globale de 9 millions de conteneurs et une plateforme industrielle de 5.000 hectares, la première ligne à grande vitesse (LGV) du continent africain reliant Tanger à Casablanca sur 200 km pour un investissement de près de 2,4 milliards de dollars et le réseau autoroutier reliant les principales villes marocaines qui devrait atteindre 3000 km à l’horizon 2030.

Le Maroc mise également sur plusieurs stratégies sectorielles ambitieuses lancées en vue d’assurer une croissance économique forte, durable et créatrice de richesses, avec une approche novatrice de contractualisation et de partenariat public privé.

Parmi ces stratégies, le Plan d’accélération industrielle (PAI) qui repose sur le développement d’écosystèmes performants dans les filières industrielles avec des offres compétitives dédiées aux investisseurs en quête de croissance, a fait savoir le ministre. Ce plan se fixe pour objectif d’imprimer un rythme plus soutenu à l’évolution des IDE, en y consacrant un fonds d’investissement industriel public (FDI) doté de 2 milliards d’euros.

Réaffirmer un partenariat bilatéral 

Dans un environnement économique plutôt morose, l’Inde s’est démarquée avec une croissance projetée du PIB de 7,3%, selon les prévisions de Moody’s, en 2019. Le partenariat bilatéral Inde-Afrique est renforcé par le rôle croissant de l’Inde en tant que grande économie à croissance rapide, ainsi que par le nouveau dynamisme économique de l’Afrique illustré par certaines des économies subsahariennes, qui figurent parmi les 10 économies les plus dynamiques au monde.

“Augmenter le volume du commerce bilatéral entre l’Inde et l’Afrique à 150 milliards de dollars dans les prochaines années” est le premier objectif du prochain conclave sur le partenariat Inde-Afrique”, a précisé le ministre indien du Commerce, de l’Industrie et de l’Aviation civile, Suresh Prabhakar Prabhu, lors d’une allocution d’ouverture.

L’engagement pris par le gouvernement indien d’élargir le partenariat économique avec l’Afrique s’illustre clairement par l’augmentation de près de 22% des échanges bilatéraux entre l’Inde et l’Afrique, qui ont atteint 62,66 milliards de dollars en 2017-2018, a ajouté le ministre. Le conclave, qui réunit plus de 400 délégués africains et environ 300 délégués indiens, vise également à encourager les exportateurs indiens à accéder aux pays africains, à renforcer les exportations de produits manufacturés en Afrique et à développer des investissements indiens dans divers secteurs en Afrique.

Parmi les principaux thèmes qui ont été abordés lors des débats de ce conclave figurent notamment la diversification des produits des exportations indiennes vers l’Afrique, le financement innovant des projets de développement importants, le développement des compétences, le renforcement des capacités, la promotion des exportations manufacturières de l’Afrique grâce à une utilisation optimale du système de préférences tarifaires en franchise de droits et l’expansion des investissements indiens dans des domaines clés tels que les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, les services et les technologies de l’information, entre autres. 

Organisé par la Confédération de l’industrie indienne (CII) en partenariat avec Exim Bank, le ministère des Affaires étrangère et le ministère du Commerce et de l’Industrie indiens, ce conclave a pu compter sur la participation d’une trentaine de ministres africains. Il rassemble, depuis sa création en 2005, de hauts fonctionnaires, des décideurs, des responsables d’entreprises, des banquiers, des entrepreneurs et d’autres professionnels de divers secteurs d’Inde et d’Afrique.