MAROC
24/01/2019 15h:05 CET

À Marrakech, deux enquêtes ouvertes suite aux revendications de citoyens abusés lors du traitement de leurs dossiers de passeport

Les victimes disent avoir acheté des faux timbres à 500 DH sur recommandation d’une fonctionnaire.

Gwengoat via Getty Images
Gwengoat via Getty Images

SOCIETE - Des citoyens en colère ont manifesté ce mercredi 23 janvier devant l’annexe administrative de Azli, quartier relevant de la circonscription Menara à Marrakech. Appuyées par des membres de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), ceux que la presse arabophone désignent désormais les “victimes des timbres de passeports” ont été reçus par le caïd. 

Au nombre d’une vingtaine, ces victimes disent avoir acheté des faux timbres à 500 DH auprès d’un magasin se situant près de l’annexe administrative, sur recommandation d’une fonctionnaire au sein de cette même annexe. Cette dernière a depuis été démise de ses fonction, et une enquête administrative a été ouverte sur les conditions et les circonstances de cet incident, annonce ce 24 janvier un communiqué la Wilaya de la région de Marrakech-Safi. Une enquête judiciaire a également été diligentée par les autorités compétences sous la supervision du parquet, relève la même source.

Contactées par le HuffPost Maroc, des victimes racontent leur mésaventure, et affirment même pour certains d’entre eux que c’est un gardien de voitures qui leur a vendu les timbres. “Nous devions payer par voie électronique, mais cette dame nous avait demandé de les acheter dans un cyber à côté de l’annexe, qui nous a ensuite dirigés vers un gardien qui les vendais”, nous raconte l’une des victimes.

“J’ai déposé mon dossier le 25 décembre et j’ai payé les frais. La fonctionnaire de l’annexe m’avait donné son numéro de téléphone pour que je puisse la joindre et suivre ainsi mon dossier. Mais à chaque fois que je l’appelais, elle me disait que la procédure prendrait un peu de retard en raison d’un dysfonctionnement du système”, raconte cet autre citoyen qui s’estime aussi abusé. ”“Au moment de revenir quinze jours plus tard, j’apprends que la procédure n’a toujours pas commencé et que mon ancien passeport a disparu. Je dois voyager le cinq février et je ne peux pas reporter mon voyage, j’ai déjà acheté mon billet d’avion. J’étais obligé de repayer tous les frais et déposer mon dossier une seconde fois. Le caïd et la Wilaya m’ont promis de s’occuper de mon dossier et d’accélérer la procédure pour que je puisse partir dans les temps. Mais je veux qu’on me rembourse, il est illogique de payer deux fois pour avoir son passeport”, poursuit-il.

Dans un communiqué de l’AMDH, les victimes ont exprimé leur perte de confiance vis-à-vis de cet établissement public, qui leur a demandé de négocier avec eux sans la présence de l’AMDH, présentée en tant que partie civile. L’association a ajouté que le caïd de l’annexe a été surpris par la démarche de la fonctionnaire a fait et a demandé de l’aide auprès de l’AMDH pour résoudre ce problème.

Dans un communiqué, la Wilaya de la région de Marrakech-Safi a toutefois démenti les informations relayées par certains sites électroniques sur la perte de passeports dans une annexe administrative relevant de la préfecture de Marrakech et les a qualifiés d’“informations erronées et dénuées de tout fondement”. La Wilaya a expliqué qu’il s’agit de la disparition des dossiers de demande de passeports déposés par 28 ressortissants relevant de l’annexe administrative Azli.