ALGÉRIE
18/02/2015 02h:46 CET | Actualisé 18/02/2015 02h:46 CET

A la tête d'Aqmi depuis 2006, Droudkel écope d'une 5ème condamnation à mort

AFP

L'émir d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droukdel, a écopé, mardi, d’une nouvelle condamnation à mort par contumace pour des attentats commis dans les années 90 à Alger et Boumerdès à l’issue d’un procès contre 41 prévenus dans 26 sont en "état de fuite".

L'ancien chef de la katiba "Jund al-Khilafa", Gouri Abdelmalek, qui avait fait allégeance à "l'Etat Islamique" (Daech) et revendiqué la décapitation d'Hervé Gourdel, abattu fin décembre dans une opération de l'armée algérienne fait également partie des condamnés à mort.

La peine capitale a été prononcée contre un des accusés présents, Adoui Walid pour appartenance à un groupe terroriste et d'homicide volontaire avec préméditation.

L'agence APS a donné les noms des autres personnes "en fuite" condamnées à la peine capitale par contumace : Deghdagh Abdallah, Nadjib Rahim, Sekkat Azzedine, Benabdallah Nassim, Boutrik Abdelkrim, Djamaa Moulal, Kirouani Fateh, Laadaouri Adel, Ayouz Madjid, Iza Foudil, Bouchlala Abdennour, Gouigah Ali, Boulhares Azzedine, Mekhfi Omar, Khoukhi Mohamed, Kamri Noureddine, Ketab Moussa, Djenati Mohamed, Mahdid Abderrahmane, Benani Abdallah, Bouchlala Salim, Mouhab Hafid et Benebri Hassan.

Des prévenus présents ont écopés de peines allant de 3 à 10 ans de prison ferme. Achrik M'hamed, Bensir Youcef, et Khaled Walid ont été condamnés à 10 ans de prison ferme, Azli Soufiane à 5 ans et Barkati Mohamed à 4 ans de prison ferme. Cinq autres prévenus, Ouarthi Yacine, Djebara Salim, Abdellaoui Brahim, Kahla Lyamine et Sassi Rachid ont été condamnés à trois ans de prison ferme.

Quatre autres accusés, Benrabie Toufik, Ben Abdallah Bilal, Benchedour Omar et Rezig Islam ont bénéficié de la préscription de l’action publique.

Les quinze prévenus présents au procès étaient poursuivis pour appartenance à la katiba "El Feth", affiliée au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), dirigée par Droukdel Abdelmalek, et qui activait sur les hauteurs de Bouzegza, dans la commune de Keddara (W. Boumerdès) et à Alger.

Abdelmalek Droudkel, dont la longévité à la tête d'Aqmi dure depuis 2006, avait écopé, avec 34 de ses éléments, en mars 2013 de sa troisième condamnation à mort lors d'un procès pour un attentat qui avait couté la vie à 17 militaires le 15 avril 2011. Il a été condamné à mort une quatrième fois le 18 janvier dernier pour les attentats suicide commis à Alger en décembre 2007.

La nouvelle condamnation à mort par contumace de Droudkel met en relief le fait que contrairement à ses prédécesseurs, l'actuel chef d'AQMI a une "durée de vie" sans équivalent dans l'histoire du terrorisme en Algérie. Droudkel qui a rejoint les groupes islamistes armés en 1993 est à la tête d'Aqmi depuis 2004.

Un "palmarès criminel "époustouflant"

Les spécialistes soulignent que les premiers chefs des groupes armés islamistes avaient une espérance de vie qui ne dépassait une année. El Kadi Ihsane a relevé dans un article paru en 2013 dans Maghreb Emergent, le caractère hors norme de la carrière terroriste d’Abdelmalek Droudkel.

"Mansouri Meliani, Djaffar Al Afghani, Cherif Gousmi, Abdelhak Layada, se sont rapidement succédés entre 1992 et 1994. Djamel Zitouni a "flambé" deux années pour tomber en juillet 1996. Son successeur, le sinistre Antar Zouabri, a survécu près de cinq ans à la tête d'un GIA en décomposition finale.

Hassan Hattab, fondateur du groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en 1998, s'est rendu aux autorités au bout de cinq ans. Nabil Sahraoui, qui a repris l'émirat du GSPC, n'a pas dépassé l'année. Il est le dernier émir national à avoir été abattu par les forces de sécurité algériennes. Cela remonte à juillet 2004".

Droudkel relevait l'article a un "palmarès criminel "époustouflant» : ingénieur de formation, il prend la tête du GSPC en 2004 et rattache l'organisation au "Djihad "planétaire" d'Al Qaida en 2006. Il est responsable d'attentats spectaculaires dont les attaques sanglantes contre le siège du palais du gouvernement en mai 2007, puis le siège du conseil constitutionnel (El-Biar), et celui de la mission de l'ONU à Alger (Hydra), le même 11 décembre 2007.

Il a réussi le "coup de com " exceptionnel d'accorder une interview au New York Times (juin 1998) à partir du maquis. Droudkel a rejeté le califat et a réaffirmé sa fidélité à Al-Qaïda.

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