TUNISIE
28/06/2018 17h:19 CET

À la rencontre de Noy Ärɑ , jeune DJette tunisienne présente cette année au Faiground Festival

Noy Ärɑ sera au rendez-vous de la 3ème édition du Fairground Festival avec des sets dont elle seule a le secret.

Réda Hocine

Devenu un rendez-vous incontournable de de la scène électronique tunisienne, le Fairground Festival, qui revient pour une troisième édition les 13 et 14 juillet prochain accueillera une line-up toujours aussi éclectique pour le plus grand bonheur des amateurs de bonne musique. 

Parmi les Djettes de cette 3ème édition, Noy Ärɑ alias Rym Charfi sera au rendez-vous avec des sets dont elle seule a le secret.

Le HuffPost Tunisie l’a rencontrée. Interview.

HuffPost Tunisie: Bonjour Rym. C’est votre première fois au Fairground festival. Comment avez-vous été choisie?

Noy Ärɑ: En fait, j’ai commencé à Mystic publiquement, et c’est là que j’ai été repérée. Je suis par la suite passée par le Carpe Diem, le Yüka, le Wax… Khaled Ennouri (ndlr: Directeur artistique du Fairground Festival) avait l’oeil sur moi et m’a proposé de participer.

J’avais toujours comme objectif de faire un set à l’Éphémère et au Fairground, et j’ai atteint mon objectif:  je serai au Fairground le mois prochain et à l’Éphémère en Septembre.

Qu’est ce qui vous a donné le goût des platines?

Ça a commencé avec l’organisation d’évènements tel le Woodstock. J’aime la musique depuis toute petite mais c’est avec les évènements que petit à petit mon style s’est décalé vers quelque chose de plus précis. À force d’écouter de la musique, de faire des recherches pour booker des DJ, ça m’a donné envie de m’y mettre aussi. J’ai acheté le matériel et j’ai commencé chez moi, puis dans des soirées entre amis il y a trois ans.

C’est justement l’un de mes amis qui appréciait ma musique qui voulait que je la rendre accessible à tous. Il voulait avoir une fille dans sa line-up et ça m’a fait passer le cap: en 2016, j’ai fait mon premier Mystic. 

C’est vraiment passé par le bouche à oreille. Quand j’ai commencé, j’ai aussi de suite lancé ma page Facebook pour être facile à retrouver et à contacter. Récemment, je suis partie faire un set à Beyrouth!

 

Que pensez-vous de la scène électro tunisienne?

Au niveau musical, la scène tunisienne est top. D’ailleurs, beaucoup de DJs étrangers veulent venir ici, et les opportunité telles Fairground permettent plus d’ouverture.

Malheureusement, il y a quelques contraintes par rapport aux endroits où les événements peuvent être organisés. Pour ce qui est des festivals, hors écovillage, les organisateurs ont très peu d’options. L’État n’est pas très ouvert à ce genre d’évènements, les procédures sont complexes…

Cela met des bâtons dans les roues à la scène tunisienne, ce qui est dommage car nous avons ici des endroits magnifiques comme Dougga. Nous sommes généralement cantonnés au privé: les hôtels, les bars et les clubs… Je comprends bien que le problème de la sécurité se pose, mais tous les autres pays arrivent à organiser des évènements dans des espaces publics sans qu’il ne se passe quoi que ce soit de négatif.

 

Parmi les grands noms des DJs, la plupart sont pour l’instant des hommes. Comment les femmes DJs sont elles accueillies sur la scène électro?

Je trouve qu’il y a de plus en plus de femmes, et quelques noms sont en train de faire bouger les choses: Nastia, Mira… Les hommes sont en train de comprendre que les femmes peuvent exceller en tant que DJ aussi.

Je pense qu’être une femme est une force. Certes, cela dépend des mentalités et il y a un côté macho qui demeure, mais qui diminue. Les gens veulent écouter ce que les femmes font, ils sont curieux, cela permet de faire avancer les choses.

D’ailleurs, mon nom de scène, qui signifie “Nouvel Air”, est en partie en rapport avec le fait d’être une femme mais aussi parce que j’apporte un style particulier. Je fais de la world music et je mélange différentes influences: la House, l’oriental, l’occidental, le tribal, tout en maintenant une fluidité dans le fait.

Des projets après le Fairground?

J’aimerais bouger plus et travailler plus à l’étranger. Je souhaite aussi entrer dans la production, éventuellement créer mon label.

Je veux aussi travailler avec le ministère des Affaires culturelles et valoriser l’image de l’électro, souvent trop rapprochée de l’image de fêtes alcoolisées. J’ai notamment pour projet de faire en sorte que les revenus de mes tracks aillent à des associations pour soutenir la créativité et les jeunes artistes.

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