TUNISIE
03/07/2018 16h:30 CET

À la rencontre de Nader Boussandel, acteur franco-tunisien à l'affiche du prochain Aladdin

"J’aimerais beaucoup revenir dans le pays de mes parents"

Nader Boussandel

Acteur au cinéma et au théâtre, son visage vous dit sûrement quelque chose. 

Entre ses apparitions au grand écran et sur scènes, il a également été à l’affiche de nombreuses publicités sur petit écran.

Dans la distribution de nombreux films français ces derniers années à l’instar de “Les Barons”, “La marche”, “Double Zéro”, “Chouchou”, “Tout ce qui brille”, “Nous York”, ou encore “Les Nouvelles Aventures d’Aladin”, l’acteur d’origine tunisienne Nader Boussandel sera à l’affiche d’Alad2, la suite des “Nouvelles Aventures d’Aladin”, qui sera dans les salles françaises le 11 octobre 2018.

Le HuffPost Tunisie a profité de son passage à Tunis pour vous faire découvrir ce talentueux acteur, plus connu de l’autre côté de la Méditerranée qu’en Tunisie. Interview.

HuffPost Tunisie: Comment êtes-vous devenu acteur?

Nader Boussandel: J’ai, en réalité, un parcours assez classique. J’ai pris des cours de théâtre dans le privé, à l’école Blanche Salant et Paul Weaver pendant un an, qui pratiquait la méthode Actors studio.

J’ai commencé assez tard par rapport à certains de mes collègues. J’avais déjà 20 ans, et j’étais un peu réticent au début. Je trouvais ça étrange, la manière dont ils travaillaient.  

Après ma première année d’école de théâtre, j’ai commencé à passer des auditions pour les conservatoires municipaux. J’ai eu du succès, et c’est à ce moment là que je me suis rendu compte que je tenais peut-être quelque chose. Puis j’ai passé deux ans au conservatoire du 10ème arrondissement de Paris, et par la suite une classe supérieure d’art dramatique.

Mon amour pour le métier est venu en le faisant, en commençant la découverte des textes de théâtre. J’avais un penchant pour la comédie, même si j’ai joué des personnages plus sombres et aimerait en jouer plus, et au fur et à mesure de mes études, je me suis aperçu que les histoires des pièces étaient les miennes, surtout en ce qui concerne Molière.

Nader Boussandel

Et vos début au cinéma?

Après avoir fini mes études, j’ai commencé la recherche, et comme beaucoup d’acteurs ça a été difficile. J’ai fait des petits boulots et je voulais rentrer à Radio Nova où Edouard Baer avait une émission, et rencontrer Jamel Debbouze. J’ai commencé par porter les malles et les câbles pour l’émission d’Edouard, et c’est comme ça que nous nous sommes rencontrés en 2001. 

Par la suite, nous avons joué ensemble dans le Grand Mezze au théâtre du Rond-Point, nous avons joués quelques années et sommes partis en tournée. 

J’ai décroché un rôle en tant que silhouette dans Ronin avec Robert de Niro et Jean Reno. Pour anecdote, cela m’a beaucoup marqué et m’a motivé à ne pas lâcher l’affaire.J’étais sûr de mon choix et voulais continuer dans le cinéma.   

C’est dans Akoibon, sorti en 2005, que j’ai eu mon premier grand rôle au cinéma. J’ai eu une pré-nomination aux Césars, et ma carrière dans le cinéma s’est enchaînée.

Le théâtre ne vous manque pas?

Si. Le théâtre et le cinéma sont un seul métier, ils se complètent, mais ils sont aussi carrément différents. Ce qui me manque le plus, dans le théâtre, c’est l’esprit de troupe. On vit avec les gens, on partage… C’est beaucoup moins le cas dans le cinéma.

Vous êtes franco-tunisien. Quel est votre rapport à la Tunisie?

J’y allais beaucoup étant enfant, avec mes parents qui viennent de Bizerte. En grandissant, je m’en suis éloigné avec le travail. D’ailleurs, j’avais souvent des tournages au Maroc, et les gens pensaient que j’étais marocain. 

Je suis revenu il n’y a pas très longtemps, et la semaine dernière nous étions là pour deux jours avec Edouard Baer. Nous sommes allés à Sidi Bou Saïd, l’un des plus beaux endroits au monde à mes yeux, et j’ai eu comme un flashback.

J’aimerais beaucoup revenir dans le pays de mes parents, profiter d’un style de vie plus tranquille loin du stress parisien, et je regarde actuellement pour acheter une maison à Djerba.

Et en plus de la maison, vous avez d’autres projets en ce moment?

En plus de trouver une maison en Tunisie, j’aimerais y travailler. Je serai d’ailleurs très bientôt de retour pour me renseigner et y monter un projet…

J’ai aussi un film qui va sortir le 11 octobre, Alad′2, avec Jamel Debbouze, Eric et Ramzy, et Kev Adams, dans lequel je joue le gardien du palais, un personnage qui se retrouve dans plusieurs retournements de situation.

Nader Boussandel

Je suis en train d’écrire une pièce de théâtre avec une amie, mais aussi un film: j’en suis à la dernière version du scénario, et j’espère qu’il entrera en production l’année l’année prochaine. Il raconte l’histoire d’un gars qui pense qu’il va faire un film mais qui se retrouve dans une situation de guerre, et qui essaie de s’en sortir avec les moyens du bord.

J’ai écrit cette comédie pour moi et j’aurais certainement quelques copains qui joueront dedans. Je trouve que l’écriture, c’est l’évolution logique du métier de comédien: on raconte les histoires dans lesquelles on a envie de jouer. 

Enfin, dernier projet: améliorer mon anglais. J’ai récemment rencontré Sacha Baron-Cohen au Maroc qui m’a simplement dit que mon anglais était “merdique”, donc j’ai trouvé un stage pour mieux apprendre la langue et montrer à Sacha qu’il avait tort la prochaine fois que je le vois!

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