MAROC
24/08/2019 13h:05 CET

À Hong Kong, les manifestants font une chaine humaine, 30 ans après la "Baltic Way"

Les contestataires de Hong Kong, à la recherche de méthodes non violentes pour montrer l'unité de leur peuple, ont décidé de rendre hommage à la "Baltic Way", 30 ans jour pour jour après cette action qui avait rassemblé un million de personnes.

INTERNATIONAL - Des milliers de manifestants ont formé une chaîne humaine qui serpentait vendredi soir à travers Hong Kong, trente ans jour pour jour après la célèbre “Baltic Way”, chaîne que les pays baltes avait organisée pour recouvrer leur indépendance il y a trente ans. 

Au pied des gratte-ciel parés de leurs éclairages irisés et dans les quartiers commerçants de la célèbre baie de Hong Kong, des milliers de manifestants se tenaient la main ou brandissaient la torche de leurs téléphones portables, tout au long de cette chaîne formée en signe d’opposition au gouvernement pro-Pékin, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

La chaîne humaine de Hong Kong est la dernière création du mouvement pro-démocratie en près de trois mois de protestations qui ont fait basculer le territoire de plus de 7 millions d’habitants dans une crise politique sans précédent. 

La date n’avait pas été choisie au hasard: ce 23 août, trois pays baltes, -l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie- célèbrent ce vendredi le 30e anniversaire de ce qui a été l’une des plus vastes manifestations anti-soviétiques, avec plus d’un million de personnes se donnant la main pour former une chaîne humaine sur plus de 600 km.

 

“Toujours unis”

Trois décennies plus tard,  l’émouvante image de la chaîne humaine de 1989 continue d’inspirer les militants à travers le monde. 

“Ce faisant, nous montrons aux gens du monde entier la grande qualité des Hongkongais”, explique Cat Law, une employée en logistique d’une soixantaine d’années. “Ce que les gens ont fait il y a 30 ans, nous pouvons aussi le faire”. 

Les manifestants, jeunes et moins jeunes, scandaient “Libérez Hong Kong”. Ils n’ont pas oublié de faire circuler des flacons de désinfectant pour les mains, une habitude prise depuis l’épidémie du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003.  

L’idée du “Hong Kong Way” a été lancée par les manifestants actifs sur les réseaux sociaux, qui ont recours depuis plusieurs jours à des tactiques non violentes pour faire entendre leur voix. 

Les manifestations pro-démocratie ont souvent pris un tour violent, avec des affrontements de rue entre la police et des manifestants purs et durs dans cette ville connue pour sa sécurité et sa stabilité. 

Un calme précaire a été maintenu cette semaine dans le territoire semi-autonome, depuis le grand rassemblement pacifique de dimanche dernier qui a réuni 1,7 million de personnes. Les organisateurs qui le voulaient non violent ont réussi leur pari. 

Vilnius avec les Hongkongais !

Le mouvement pro-démocratie entend démontrer qu’il bénéficie encore d’un large soutien de l’opinion publique.  

Les manifestants ont appelé à bloquer samedi les routes conduisant à l’aéroport de la ville - soit une situation à risque s’ils descendent en masse dans la rue. 

La colère contre le gouvernement et la police demeure très vive parmi les manifestants épuisés après près de trois mois passés dans la rue à mener des actions quasi quotidiennes. 

A huit mille kilomètres de Hong Kong, dans la capitale lituanienne Vilnius - l’un des sites de la “Baltic Way” -, quelques centaines de personnes ont organisé un rassemblement en faveur du territoire chinois, se donnant la main sur la place centrale. 

“Nous devons faire preuve de solidarité avec les Hongkongais ! Ils sont en première ligne de la lutte pour la liberté et la démocratie”, a déclaré à l’AFP le parlementaire de l’opposition lituanienne Mantas Adomenas, qui a aidé à organiser le rassemblement de vendredi à Vilnius.

En août 1989, la “Baltic Way” a montré que les trois nations baltes étaient fermement résolues à obtenir leur indépendance, qu’elles ont gagnée finalement deux ans plus tard. 

Reliant les trois capitales ―Vilnius, Riga et Tallinn―, elle a marqué le 50e anniversaire du pacte germano-soviétique qui avait préparé le partage de l’Europe de l’Est entre Hitler et Staline et l’occupation des pays baltes par l’URSS.

Déjà en 2004, plus d’un million de Taïwanais avaient formé une chaîne humaine pour protester contre le déploiement par la Chine de missiles dirigés vers leur île. En 2013, des centaines de milliers de Catalans ont adopté la même méthode pour réclamer un Etat indépendant des autorités espagnoles.