LES BLOGS
06/07/2018 17h:05 CET | Actualisé 06/07/2018 17h:05 CET

À ces hommes féministes...

À tous ceux qui ont compris que le féminisme était une question d’égalité et non de lutte des genres, à tous ceux qui ont compris que soutenir les femmes ne faisait pas moins d’eux des hommes...

Louafi Larbi / Reuters

Mesdames,

Au milieu de la déferlante continue et insupportable de machisme dépitant dans nos quotidiens, j’aimerai, prendre le temps de penser à ceux qui combattent pour l’égalité et l’humanisme à nos côtés, ceux qui s’engagent, lorsque certaines femmes ne l’ont jamais fait, dans la lutte, sans intérêt personnel. Au nom des valeurs universelles. Ceux qui représentent une lucarne d’espoir, tous ces féministes non féminins. Ils sont discrets, ils sont trop peu nombreux, ils sont jeunes ou un peu moins, ils sont partout autours de vous, et celle là c’est peur eux:

À tous les frères qui n’ont pas besoin d’une loi pour savoir qu’ils ne valent pas le double de leurs sœurs.

À tous les pères de fillettes, qui n’élèvent pas des objets fragiles mais des femmes indépendantes et militantes, à ceux qui ne demandent à personne de prendre soin de leurs filles car ils préfèrent leur apprendre à prendre soin d’elles même. À ceux qui ne sont pas déçus à la maternité, à ceux qui aspirent à la réussite de leurs filles pas à leur mariage. À ces papas qui ont répété que le ciel était la seule limite aux ambitions de leurs enfants. Ceux qui n’en favorisent pas un en fonction de son genre. À ceux qui n’apprennent pas moins à leurs filles, ceux qui ne donnent pas moins de chance à leurs filles, ceux qui développent leur esprit critique, leur besoin d’indépendance, à ceux qui leurs donnent les moyens de l’émancipation.

À tous les fils qui font suivre le nom de leur mère quand ils se présentent, qui ne se sentent pas plus appartenir à la famille qui lui a donné son nom, qu’à celle qui lui a donné le sein.

À tous les maris qui ne demandent pas de compte à leurs femmes, qui ouvrent le frigo au lieu de demander ce qu’il y a à manger. À celui qui respecte l’indépendance de sa compagne, celui qui la considère comme son égale, celui qui ne choisit pas la maitresse de sa maison au détriment de l’inspiration de ses enfants.

Aux vrais Bourguibistes, qui font vivre ses idées dans leurs quotidiens, dans leurs décisions, dans leurs comportements. À ceux qui ont marché pour l’égalité, qui se sont battus en son nom, à ceux qui légifèrent pour établir les conditions d’un État égalitaire. Et à tous ceux qui font de la Tunisienne la femme la plus admirée du monde arabe. À ceux qui sont fiers d’être les dignes héritiers de Radhia Haddad, Tawahida Ben Cheikh et d’Elyssa. À ceux qui militent pour le féminisme institutionnel, à ceux qui veulent porter un projet collectif de modernité. À ceux qui ont voté pour un programme et non pas un genre, à ceux qui permettent à leurs pays d’atteindre la parité dans la représentation politique, lorsque les pays européens ont besoin de quotas pour éviter la sous représentation féminine dans la sphère politique.

À tous ceux qui ont compris que le féminisme était une question d’égalité et non de lutte des genres, à tous ceux qui ont compris que soutenir les femmes ne faisait pas moins d’eux des hommes, bien au contraire, à tous ceux qui ne mesurent pas leur virilité dans l’écart de salaire avec une autre personne. À ceux qui ont le courage de se battre pour ce qui est juste au lieu de profiter de ce qui leur est confortable. À ceux à qui l’indépendance des femmes ne fait pas peur. À ceux qui ne se sentent pas diminués en répondant aux ordres d’une patronne, à ceux qui ne font pas moins bien ou plus lentement un travail pour une cliente. À ceux qui portent haut notre cause quand beaucoup de femmes la desservent, à tous ceux qui n’ont même pas besoin de le dire car ils le sont profondément.

À ces Héros du quotidien qui ne devraient pas en être. Mais surtout à tous ceux pour qui l’égalité n’est pas un choix mais une évidence, ceux qui seront féministes tant qu’il le faudra, à ceux pour qui le féminisme n’est pas un “courant” mais un processus d’égalité, ceux qui ne se reposent pas sur les acquis, ceux qui continueront de militer tant qu’il y aura des inégalités.

Et bien évidemment à toutes celles qui les inspirent et qui leurs donnent raison d’y croire.

M.e.r.c.i.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.