TUNISIE
14/10/2019 14h:32 CET

A cause des attentes placées en lui: "Les prochaines années vont être difficiles" pour Kais Saied affirme Abdelfattah Mourou

"Il a explosé le plafond des attentes. Tout le peuple tunisien l’attend” assure-t-il.

Le président de l’Assemblée des représentants du peuple par intérim, Abdelfattah Mourou est revenu, lundi, sur Shems Fm sur l’élection de Kais Saied à l’investiture suprême et ses conséquences sur les 5 prochaines années.

“Le peuple tunisien a voté massivement. Cela représente près des 4/5ème des voix. Obtenir 77% n’est pas chose aisée, surtout dans un pays qui ne croit pas au 99%” a-t-il affirmé appelant à respecter ce vote et la volonté du peuple.

Selon lui, l’ampleur de ce vote a “mis une grande responsabilité sur le président de la République durant ce mandat” parce que ceux qui “ont voté pour lui veulent faire revivre les valeurs de la révolution en nettoyant le pays, en le faisant évoluer, en réformant l’administration”: “Cet objectif, il ne pourra pas le réaliser seul, il ne pourra le faire qu’avec la volonté de ceux qui l’ont élu” dit-il.

“Je pense que l’émiettement au sein de l’ARP a permis à Kais Saied d’obtenir 77%. Les résultats des législatives, nous ont fait peur, parce que personne n’a eu de majorité (...) Le peuple tunisien a pris peur et a voté massivement pour Saied” à cause de ça explique-t-il.

Concernant le projet que souhaite mettre en place Kais Saied, notamment à travers sa réforme législative, Mourou affirme que ces “changements proposés ne concernent pas seulement Ennahdha, cela concerne toute la classe politique et tous ceux qui s’intéressent à la chose publique (...) Je ne pense pas que le président élu va s’arrêter à ce qu’il a annoncé mais il va présenter un projet qui sera discuté, débattu” dit-il affirmant n’être “ni pour, ni contre” celui-ci.

“Je suis pour tout ce qui est de nature à réformer la chose publique et notamment le système politique du pays parce que l’on est tous d’accord qu’il a besoin d’être amélioré, mais pas au point de se jeter dans l’inconnu” clarifie le candidat d’Ennahdha au premier tour de la présidentielle. 

Pour lui, “il faut changer la loi sur les partis politiques et la loi électorale pour donner une plus grande stabilité à l’ARP, aux partis en les renforçant et en mettant un terme au tourisme parlementaire afin d’instituer la majorité perdue au sein du parlement, qui est nécessaire dans tout régime parlementaire”.

Or cela est différent ce qu’a proposé Kais Saied: “Oui, Kais Saied ne croit pas en un régime parlementaire, il croit en régime qui n’a encore jamais existé dans le monde, et c’est ça le problème (...) Cet exemple qu’il propose existe pour l’instant que dans les études de droit constitutionnel”.

Jugeant cette approche “très théorique”, il estime qu’un “régime politique ne se base pas seulement sur des principes”: “Il se base aussi sur des outils concrets qu’il faut mettre en oeuvre, contrôler, réformer” assure-t-il appelant Kais Saied à mieux expliquer et clarifier son projet.

“Les prochaines années vont être très difficiles pour lui, parce qu’il a explosé le plafond des attentes. Tout le peuple tunisien l’attend” a-t-il poursuivi.

Quelle suite aux évènements après l’élection de Saied?

“Le nouveau président de la République devra prêter serment devant l’Assemblée des représentants du peuple qui est actuellement en place” a indique Abdelfattah Mourou.

“Nous attendons maintenant les résultats des recours et que l’ISIE nous envoie les résultats définitifs des élections. Sur cette base, le président de l’ARP tiendra une réunion avec le bureau de l’Assemblée dans les deux jours après réception des résultats définitifs. Le bureau de l’ARP devra alors décider d’une date pour organiser une plénière extraordinaire pour que le nouveau président puisse prêter serment et prononcer un discours” décrit-il assurant que la plénière devra se tenir au plus tard dans les 10 jours après la réunion du bureau de l’ARP.

“Ce qui était prévu, c’est que Mohamed Ennaceur, actuellement président de la République par intérim, quitte Carthage pour revenir au Bardo puisque son mandat continue jusqu’à ce que le nouveau parlement prenne place. Mais selon sa volonté, il a été décidé que le président de la République par intérim, ne revienne pas à l’Assemblée (...) et il m’a demandé, de poursuivre à la tête de l’ARP à sa place” assure Abdelfattah Mourou qui estime que le nouveau parlement prendra ses fonction entre le 20 et le 25 novembre prochain.

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