ALGÉRIE
17/02/2019 16h:48 CET

A Bordj Bou Arreridj les manifestations contre le 5e mandat ne s'essoufflent pas

capture ecran

La tension ne baisse pas à Bordj Bou Arreridj. Depuis jeudi, la ville est le théâtre de manifestations contre le 5éme mandat. Des centaines de jeunes se regroupent dès la tombée de la nuit à la cité du 8 mai 45, la cité populaire à BBA pour manifester leurs colères contre le 5ème mandat en scandant “Bouteflika makach 5ème mandat”.

“Tous les soirs des jeunes de la cité se regroupent et chantent des slogans contre le président”, raconte un habitant du quartier au Huffpost Algérie. A la cité du 8 mai 45, certains habitants craignent les débordements, même si pour l’heure les forces de l’ordre se sont positionnées aux abords de la cité pour éviter tout contact avec les manifestants. Ils ont établis des barrages filtrants à l’entrée de la ville pour empêcher les jeunes des villes environnantes, de rejoindre les manifestations “La ville est cadenassée par les forces de l’ordre depuis ce Week-end et les barrages se sont multipliés ses derniers jours provoquant des embouteillages monstres. 

Il y’a une tension perceptible et on sent que les choses peuvent à n’importe quel moment devenir dangereuse”, affirme un habitant sous le couvert de l’anonymat. Les choses ont failli dégénère ce vendredi après l’arrestation par les forces de l’ordre de Brahim Laalami à l’issue de la marche.

Détenu pendant 48 heures, le jeune manifestant a été relâché dimanche. Dans un enregistrement vidéo, il raconte son arrestation et ce que les forces de l’ordre cherchaient à obtenir comme informations.

Durant l’interrogatoire, on lui a demandé de fournir « les noms des gens qui lui ont demandé d’organiser cette marche » dans l’enregistrement mis en ligne, Brahim Laalami explique sa démarche et les raisons de son opposition au cinquième mandat. “On veut que cette jeunesse ait sa chance, qu’elle ait de l’espoir. La majorité de ceux qui ont marché avec nous n’ont connu que Bouteflika. Autrement dit, ils n’ont rien connu et ils ont été privés d’espoir. Les gens qui sont partis en harraga l’ont fait parce qu’ils ont perdu l’espoir et nous, nous voulons faire tomber ce régime de mafieux pour recouvrer notre dignité”, a déclaré Brahim qui a pris la décision de  quitter le pays si le président était réélu “si Bouteflika est encore là après le 18 avril, je pars à bord d’une embarcation de fortune. Sinon je vais dans un pays comme le Mozambique tout en sachant que je vivrais dans un pays pauvre au lieu de vivre en  Algérie, où je serais pauvre dans un pays riche”. 

Au siège locale du FLN, parti majoritaire qui prépare la campagne du président-candidat, les responsables sont désemparés Ils ont envisagé l’organisation d’une contre-manifestation mais se sont ravisés par crainte de débordements et d’affrontements . “Le parti est coincé car il ne sait pas quoi faire. Ils espèrent un retour au calme”, affirme un cadre du parti joint par téléphone qui pointe du doigt la déliquescence des structures ces dernières années. “Le parti est devenu un fonds de commerce”, se désole-t-il.

A Bordj Bou Arreridj personne n’a oublié que les événements du  5 Octobre 88, ont débuté au centre-ville avant de se répandre dans tout le pays.