ALGÉRIE
29/03/2019 11h:29 CET | Actualisé 29/03/2019 12h:34 CET

A Alger, les Algériens sortent encore plus tôt pour dire "non à l'article 102"

HuffPost Algérie

Les Algériens ne sont pas d’accord avec Gaïd Salah. Loin de là. “La solution ne réside pas dans l’article 102”. Pour un 6e vendredi de manifestation contre le pouvoir en place, ils sont encore plus nombreux que la semaine passée à se rassembler, tôt dans la matinée, à la Grande-Poste à Alger. Leurs mots d’ordre: “Non à l’article 102″, “Bensalah Dégage”, “Le peuple est la source de tout pouvoir”. Et le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz est tout aussi rejeté. “On ne sait jamais, avec ce pouvoir”, explique un citoyen.

Hier soir, des dizaines de citoyens ont décidé de passer la nuit au pied de la Grande-Poste avant d’être sommés par des agents de force de l’ordre de libérer les lieux. Cela promettait. 

Ce matin, les escaliers de l’édifice étaient déjà pleins à craquer avant 10H. Mais pas que. Contrairement aux semaines passées, le jardin de l’édifice et son esplanade étaient déjà tout aussi bondés de monde. 

Emblèmes nationaux en berne, pancartes mises à jour brandies, les manifestants scandaient cette fois-ci leur rejet de la demande du Chef d’Etat-Major, Gaïd Salah, d’appliquer l’article 102. Des slogans “Bensalah Dégage”, “FLN Dégage”, “Samidoun samidoun” étaient scandés avec les “traditionnels” “Had cha3b la yourid, Bouteflika ou Said”.

Sur l’Esplanade, tandis que certains groupes se réunissaient pour scander des slogans contre le pouvoir, d’autres manifestants restaient immobiles, brandissant leurs banderoles et leurs pancartes. “L’article 102 est dépassé”, “Boutelfika rak rayeh, eddi m3ak Gaïd Salah, ou zid m3ak Bensalah”, “Il est temps d’appliquer l’article 07”, pouvait-on lire.

 Mais des pancartes favorables à l’appel de Gaïd Salah étaient également présentes. Des manifestants, moins nombreux, ont ainsi affiché leur soutien à l’application de l’article 102 et ont scandé un des slogans devenus classiques de ce mouvement: “Djeich chaâb, khaoua khaoua”. 

Sur les escaliers du Jardin de la Grande-Poste, des manifestants prenaient la parole, microphone en main, pour s’adresser à ses concitoyens. Ils appelaient ainsi à une marche pacifique, à ne pas recourir aux vuvuzelas, dont les sifflements sont jugés assourdissants et à respecter la liberté de manifester de chacun, notamment les femmes.

 Une ambiance festive prévalait de la rue Abdelkrim Khettabi à la Place Audin, où des véhicules, décorés par les emblèmes nationaux, étaient stationnés tout au long du trottoir. Devant les vendeurs ambulants des écharpes, drapeaux et vuvuzelas, des groupes préféraient plutôt attendre une affluence plus importante pour entamer leur manifestation.