ALGÉRIE
10/10/2019 13h:19 CET | Actualisé 10/10/2019 14h:19 CET

A Alger, le ministre turc des Affaires étrangères s’engage à trouver une solution à la question de visas

Mevlut Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères turc, était en visite officielle à Alger, mardi et mercredi 8 et 9 octobre 2019. Il a parlé, lors d’une conférence de presse avec son homologue algérien Sabri Boukadoum, de “mauvaise compréhension” des procédures relatives à la réduction du nombre de visas électroniques accordés aux algériens. 

“Certaines parties ont mal exploité ce sujet. Cela a été présenté d’une manière négative à l’opinion publique. Il y aura un mécanisme de consultation consulaire des deux parties. Et, nous allons trouver une solution satisfaisante. Nous allons continuer à délivrer les visas électroniques aux Algériens. Il y aura des actions qui seront faites sur la fixation de l’âge des demandeurs de visas qui seront assurées par treize bureaux à Alger dans le but de faciliter l’opération. Bientôt, nous allons vous annoncer de bonnes nouvelles. Je parle de l’exemption pour certaines catégories d’âge des Algériens”, a déclaré le chef de la diplomatie turque. Ankara a décidé de durcir l’octroi de visas électroniques pour les algériens à partir du début octobre 2019.

Par exemple, le visa électronique (C1), destiné aux demandeurs âgé de 18 à 35 ans, a été supprimé. Le visa pour les plus 35 ans et les moins 18 ans a été maintenu. Les voyageurs peuvent toutefois obtenir un visa (ordinaire) auprès des services consulaires de l’ambassade de Turquie à Alger, après dépôt de dossier.

Le nombre des touristes algériens préférant la destination turque est en augmentation continue depuis six ans. Il avoisine actuellement les 300.000.

4 milliards de dollars d’investissements turcs en Algérie

Sur le plan économique, Mevlut Cavusoglu a évoqué, selon l’agence APS, la relance prochaine de la commission conjointe et salué les facilitations accordées par les autorités algériennes aux investisseurs turcs en Algérie.

“Nous sommes déterminés à poursuivre l’encouragement des sociétés turques à investir en Algérie. Le partenariat sera diversifié et conforté dans tous les domaines”, a-t-il dit en soulignant que la Turquie est l’un des plus grands investisseurs en Algérie.

Sabri Boukadoum a appelé, de son côté, à élargir le partenariat entre les deux pays, liés depuis 2016 par un Traité d’amitié, précisant que la valeur des investissements turcs en Algérie est de 4 milliards de dollars actuellement.

“Cela a permis la création de 28.000 opportunités d’emploi dans le pays, le recrutement de centaines d’ingénieurs. La révision par le gouvernement de la règle de 49/51 contribuera indubitablement à la dynamisation de l’investissement étranger en Algérie”, a soutenu le chef de la diplomatie algérienne.

A Alger, Mevlut Cavusoglu a rencontré les représentants de sociétés turques activant en Algérie. Le ministère algérien des Affaires étrangères a précisé, dans un communiqué, que la visite Mevlut Cavusoglu en Algérie intervient à un moment où la coopération entre les deux pays “connaissent une nouvelle impulsion et un développement notable dans divers domaines comme l’énergie, la sidérurgie et le textile”. 

Dernièrement, Sonatrach et la société turque Ronsans ont signé d’un accord pour la réalisation d’un complexe de production de polypropylène et de propylène d’un montant de 1,4 milliards de dollars. Basé dans la région de Ceyhan, en Turquie, le complexe permettra d’assurer un débouché au propane algérien pour une durée de vingt ans avec une quantité livrable de 540.000 tonnes annuellement. L’Algérie est le deuxième plus important partenaire commercial de la Turquie en Afrique.

Ankara ne croit pas ”à la solution militaire” en Libye

Sur le plan politique, le chef de la diplomatie turque a salué les efforts de l’Algérie pour résoudre la crise libyenne par les voies pacifiques. “Le retour de la sécurité en Libye passe par l’élimination des groupes terroristes. Nous ne croyons pas en la solution militaire à la crise en Libye”, a-t-il précisé.

Il a annoncé que lors d’une visite à New York, il a insisté pour que l’Algérie soit présente au prochain sommet de Berlin consacré à la crise en Libye. Ankara soutient le gouvernement de Faiz Al Saraj, basé à Tripoli, et reconnu par la communauté internationale. Khalifa Khaftar, autoproclamé chef de l’armée libyenne, a menacé, à plusieurs reprises, de s’en prendre aux intérêts turcs en Libye en raison de l’appui apporté à Tripoli. 

L’Algérie a depuis le début de la crise libyenne plaidé pour “une solution politique”, “un dialogue inclusif” et pour la sauvegarde de “l’intégrité territoriale de Libye et pour l’unité de son peuple”. Comme pour la Turquie, Khalifa Khaftar n’a pas caché son hostilité pour l’Algérie.