ALGÉRIE
12/04/2019 12h:10 CET

A Alger, le dispositif de sécurité a vite cédé

RYAD KRAMDI via Getty Images

Un dispositif sécuritaire semblable à celui du vendredi 22 février. Mais, cette fois-ci, le mur de la peur est déjà brisé. Pour cette huitième semaine de manifestation contre les symboles de ce pouvoir, les dispositifs mis en place par les forces de l’ordre se sont avérées ... désuètes. A l’instar des matinées des précédents vendredis, les manifestants sont tout aussi nombreux, encore plus déterminés à manifester pour exiger le départ de “Abdelkader Bensalah & Co”.

Les forces de l’ordre, qui ont réprimé les manifestations cette semaine à coup de gaz lacrymogène et de canons à eau, n’ont pas lésiné sur les ressources pour contenir la marche de ce 8e vendredi. De nouveaux barrages filtrants aux sorties de la banlieue ont été installés et, pour la première fois depuis le 01 mars, des forces anti-émeutes ont été mobilisés pour disperser les manifestants à la Grande-Poste et les confiner.

Les nombreux barrages de la Gendarmerie nationale installés jeudi après-midi ne semblent pas avoir eu l’effet escompté. Idem pour les barrages de la police improvisés à la sortie de chaque quartier de la banlieue. Les premiers manifestants, arrivés des wilayas avoisinantes, étaient déjà à Alger-Centre avant 09H. Sous les regards de trois cordons des forces anti-émeutes, mobilisés sur la partie supérieure des escaliers, ils scandaient leur détermination à marcher tous les jours, jusqu’au départ du chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah.

Sur l’esplanade de l’édifice, les autres manifestants étaient empêchés de rejoindre leurs concitoyens. Les escaliers du jardin, communément appelés le forum, étaient évacués par les éléments anti-émeutes. Les nouveaux arrivants se retrouvaient ainsi confinés sur chaque trottoir, empêchés de traverser ou de faire demi-tour.

Le dispositif n’a pas tardé à lâcher à la rue Abdelkrim Khettabi. Les manifestants confinés sur le trottoir faisant face à la Grande-Poste étaient de plus en plus nombreux. Puis, subitement, malgré la pression des policiers et les ordres de leurs supérieurs de les repousser, la première ligne a brisé le cordon. 

Les manifestants ont vite été suivis par d’autres citoyens, provoquant un effet domino. Les autres cordons ont vite lâché. La foule, déterminée, avançait à pas fermes vers la Place Audin tandis que les éléments anti-émeutes, qui confinaient les trottoirs, ont vite libéré leurs positions pour aller bloquer les accès au boulevard Mohamed V.

La Place Audin a vite retrouvé les scènes auxquelles se sont habituées les manifestants durant les dernières semaines. Peu avant midi, un cordon des forces anti-émeutes tentent de repousser des citoyens, de plus en plus nombreux.

Ils scandent ainsi “Cha3b yourid, yetnahaw ga3”, “Koul youm massira” et “Bensalah, yal maroki, dzair 3and’ha wlad’ha”. Les manifestants, drapeaux brandis, critiquent également le “pouvoir traitre”, qui “a ordonné la répression de la marche”.

Pour ce 8e vendredi de manifestation, un nombre encore plus important de manifestants sont attendus cet après-midi, après la grande prière du vendredi.