ALGÉRIE
10/04/2019 12h:50 CET | Actualisé 10/04/2019 14h:47 CET

A Alger, la police échoue à contenir la manifestation contre Abdelakder Bensalah

RYAD KRAMDI via Getty Images

Les Algériens manifestent par milliers ce mercredi 10 avril 2019 contre la désignation du président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, chef de l’Etat par intérim. A Alger-Centre, l’esplanade de la Grande-Poste, la rue Abdelkrim Khettabi et la Place de Mauritania ont été investies par des dizaines de milliers de manifestants. Les forces anti-émeutes, qui ont réprimé la marche des étudiants mardi et qui ont tenté de contenir la manifestation, ont, cette fois-ci, échoué.

Peu après 10H, plusieurs dizaines de citoyens, emblèmes nationaux déployés, pancartes brandies, scandaient “Bensalah Dégage” à l’entrée du Boulevard Amirouche, près de l’immeuble Mauritania. Les manifestants, qui se rassemblaient peu à peu en face du cordon des forces anti-émeutes, tentaient de marcher vers la Grande-Poste, en passant par le commissariat central.

Après quelques minutes de “négociation”, les manifestants, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, tentaient, maintes fois, de briser le cordon à travers quelques brèches pour poursuivre leur marche. Le premier cordon, à l’entrée du siège de la Bourse d’Alger, a cédé à l’avancée des manifestants. De quoi énerver les forces anti-émeutes qui n’ont pas tardé à recourir au gaz lacrymogène.

La déflagration de la première bombe à gaz lacrymogène, jetée par les forces de l’ordre pour dissuader les manifestants, n’a pas eu l’effet escompté. Des manifestants encourageaient ainsi les premières lignes à rester en place et à ne pas faire demi-tour, tout en leur déversant du vinaigre pour soulager les effets du gaz.

Face au refus des manifestants de détourner leur marche vers la rue Hamani (ex-Charras), les forces de l’ordre se sont subitement mises à bousculer les citoyens avant de jeter trois autres bombes à gaz lacrymogène. De quoi provoquer une bousculade chez les manifestants. Plusieurs cas de malaises ont été constatés.

Face à l’entêtement du cordon des forces anti-émeutes, les citoyens ont décidé de se rendre à la Grande-Poste en empruntant la rue Abdelkrim Khettabi, également bloquée par la police. 

Au pied de la Grande-Poste, des centaines de citoyens étaient déjà présents, à exiger le départ de Abdelkader Bensalah. Une partie des escaliers était occupée par les forces anti-émeutes qui ont fini par libérer les lieux, sous les cris de joie des manifestants.

Quelques quarts d’heure plus tard, l’esplanade de l’édifice était noire de monde. 

Le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, a été désigné mardi 09 avril au Palais de la Nation à Alger chef de l’Etat par intérim conformément aux dispositions prévues dans l’article 102 du texte fondamental.

Dans un discours adressé à la nation, il s’est engagé à organiser des élections dans un délai de 90 jours. Il a fait part de son intention de créer une instance indépendante chargées d’organiser des élections et ce, après concertation avec les classes politique et civile.