MAROC
08/03/2019 15h:09 CET

8 mars: La pièce "Copier-coller" aborde la violence psychologique à l'égard des Marocaines

Le Théâtre de l'Opprimé revisite sa pièce à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Théâtre de l'Opprimé Casablanca/Facebook
"Copier-coller" en 2016.

CULTURE - À 17 heures, ce vendredi 8 mars, le hall de la gare Casa Port célèbrera, lui aussi, la Journée internationale des droits des femmes. Le Théâtre de l’Opprimé Casablanca y proposera une nouvelle version de sa pièce “Copier-coller”, actualisée avec l’Association marocaine de lutte contre la violence à l’égard des Femmes (AMVEF), en partenariat avec l’Association Gorara pour les arts et les cultures.

“Copier-coller”, créée il y a deux ans, raconte l’histoire d’un couple marocain qui s’est marié d’une manière traditionnelle. Après 10 ans de mariage, on les retrouve avec deux enfants, un garçon et une fille, auxquels ils vont transférer la même éducation -traditionnelle, elle aussi- qu’ils ont reçue. L’homme regarde un match de football, son fils en fait de même. La femme reste dans la cuisine, idem pour la fille. “La pièce aborde le transfert des valeurs et de l’éducation”, indique au HuffPost Maroc Hosni Almoukhlis, directeur artistique du Théâtre de l’Opprimé Casablanca. En parallèle, elle montre la représentation de la place de la femme au Maroc, les représentation sexuées du genre, et entre donc parfaitement en accord avec la Journée internationale des droits des femmes.

La représentation s’inscrit dans le cadre de l’action de sensibilisation et de plaidoyer contre les violences basées sur le genre, et “l’impact de ces violences sur les générations émergentes, d’abord témoins de ces violences puis victimes ou acteurs une fois adultes, en reproduisant le modèle qui les a façonnés”, souligne d’ailleurs l’AMVEF, dans un communiqué.

“En darija, ‘femme au foyer’ se traduit littéralement comme ‘je suis assise à la maison’ (gualssa f’dar) alors qu’en fait, cette femme est debout depuis l’aube à tout faire”, souligne Hosni Almoukhlis. “La pièce aborde cette violence psychologique, la violence sociale qu’on ne voit pas toujours clairement”, poursuit-il.

À la fin de la représentation ouverte à tous, le public sera invité aux côtés des comédiens pour changer les situation. “Nous faisons cela à chaque fin de représentation. C’est un théâtre d’action”, ajoute le directeur artistique de la troupe. En 2012, le Théâtre de l’Opprimé Casablanca a été créé en réponse au mouvement du 20 février. “On voulait lutter autrement. Notre ADN, c’est le côté artistique, forcément, mais aussi le côté social qui aborde, parfois, les dérives politiques”, raconte Hosni Almoukhlis.