ALGÉRIE
22/03/2019 18h:02 CET

5e vendredi à Alger: Des manifestants fustigent Lamamra et refusent l'ingérence étrangère

Hamdi Baala

De nombreux Algériens ont exprimé le refus de l’ingérence de pays étrangers dans la crise actuelle en Algérie, lors des manifestations du 22 mars, un mois depuis le début du mouvement inédit contre le président Abdelaziz Bouteflika et le pouvoir en place.

La tournée du nouveau vice-premier ministre Ramtane Lamamra à l’étranger est perçue comme une tentative des autorités de chercher des soutiens externes à la feuille de route proposée par le pouvoir.

“Ramtane Lamamra, agent double et parrain de la contre-révolution”, a-t-on pu lire sur une pancarte brandie par un manifestant en face de la Grande-Poste à Alger. 

M. Lamamra, également nommé ministre des Affaires étrangères suite au report de la présidentielle d’avril 2019 en réaction au mouvement populaire contre la candidature de M. Bouteflika, avait visité l’Italie, la Russie et l’Allemagne la semaine dernière.

Des observateurs ont vu en cette tournée à l’étranger un effort de rassurer les partenaires étrangers sur la capacité du pouvoir à conduire une transition, à travers la prolongation du 4e mandat du chef de l’Etat et l’organisation d’une conférence nationale.

La rue algérienne a exprimé une réponse cinglante à ces propositions, exigeant un départ “immédiat” de M. Bouteflika et du pouvoir, les 15 et le 22 mars , 4e et 5e vendredis des grandes manifestations à travers le pays.

Mais bien que M. Lamamra ait déclaré, notamment à Moscou, que “c’est au peuple algérien de choisir son destin”, des manifestations ont fustigé le diplomate ainsi que des hauts responsables étrangers.

“Serguei Lavrov, imbécile, occupez-vous de vos affaires”, a écrit un jeune manifestant critiquant le ministre russe des Affaires étrangères, bien que ce dernier ait exprimé après avoir reçu M. Lamamra le refus de son pays de toute ingérence étrangère dans les affaires algériennes.

Hamdi Baala

 

“3ib 3lihoum (c’est honteux de leur part) de vouloir nous intimider en cherchant le soutien des étrangers”, s’est indigné Ahmed, un quadragénaire qui a participé aux manifestations à Alger. Et d’ajouter: ”[Les responsables] nous ont longtemps fait peur avec la main de l’étranger, et maintenant c’est eux qui vont la chercher!”.

D’autres manifestants ont brandi une large banderole sur laquelle ils ont dessiné Saïd Bouteflika, Ahmed Ouyahia, Ali Haddad et Ramtane Lamamra enchaînés et en tenue de prisonniers.

 

RYAD KRAMDI via Getty Images