MAROC
11/07/2018 13h:43 CET

50 réclamations reçues par la Commission nationale de la commande publique, depuis son lancement en janvier dernier

Le Premier ministre n'est pas peu fier du premier bilan de cet organe, pourtant critiqué pour son manque d'indépendance peu après son lancement.

Anadolu Agency via Getty Images

ECONOMIE - Saad-Eddine El Othmani se montre fier de la Commission nationale de la commande publique (CNCP). A la Chambre des conseillers, lors de la séance mensuelle consacrée à la politique générale, le chef du gouvernement s’est flatté du premier bilan de la CNCP, annonçant que celle-ci a reçu 50 réclamations de la part des concurrents et des titulaires des marchés, depuis son lancement le 19 janvier dernier. 20 demandes de consultation de la part d’administrations et d’établissements publics lui ont également été adressées, dont la plupart a fait l’objet de suite.

Interrogé sur “les marchés publics et l’enjeu de la bonne gouvernance”, El Othmani estime que la CNCP a réussi à se faire une place au sein du système des marchés publics, 5 mois à peine après son installation. Ce qui, pour lui, prouve la confiance dont elle jouit désormais. 

Visant l’amélioration de la gouvernance et la gestion des marchés publics, la CNCP, a rappelé El Othmani, s’inscrit dans le cadre de la mise en place d’“une stratégie d’action ambitieuse” qui permettra de doter les différentes administrations et entreprises de faire des marchés publics l’un des mécanismes appuyant la compétitivité de l’économie nationale et d’adopter une approche du bon usage des deniers publics.

A la dimension gouvernance, le chef du gouvernement ajoute l’aspect économique et managérial qu’il estime nécessaires au sein de la mission des commandes publiques pour accompagner le volet procédural et celui de l’unification des concepts entre les différents intervenants dans ce domaine. El Othmani en fait le gage de la volonté du gouvernement de poursuivre les chantiers de réformes visant à améliorer la gouvernance des marchés publics, garantir leur transparence et l’égalité d’y accéder conformément à “la logique du mérite”. 

L’idéal, pour El Othmani, serait aussi que les marchés publics s’adaptent à la taille et aux capacités des entreprises, surtout pour accompagner les PME afin  de renforcer leur compétitivité et simplifier les conditions de leur participation aux marchés. Tout aussi important, le chef du gouvernement opte, dans ce cadre, pour une approche de management basée sur les résultats et l’efficience où créativité, innovation et écologie sont des principes fondamentaux.

Mais si la CNCP a été constituée pour encadrer la commande publique, maîtriser la dépense publique et garantir les principes de transparence, elle ne peut être “ni indépendante, ni efficace”, estimait Transparency Maroc dans une déclaration au HuffPost Marocà l’occasion de la constitution de cette commission. L’ONG remettait ainsi en question sa mission d’assurer “la bonne gouvernance”, estimant que la CNCP “ne bénéficie pas de toutes les garanties d’indépendance et d’impartialité”. Pour preuve, “créée par décret et placée sous l’autorité du secrétariat général du gouvernement, aucune précision n’est donnée quant à la garantie d’assurer les moyens financiers nécessaires au bon fonctionnement, à l’équipement et aux investissements de la commission”, avait souligné Transparency Maroc à notre rédaction 

L’ONG pointait par ailleurs du doigt la composition même de la commission totalement dominée par les représentants de l’administration, neuf en plus du président, contre trois représentants des organismes privés. Cités, ces derniers (BTP, commerce et ingénierie et conseil) ne devaient pas l’être non plus, avait fait remarquer l’ONG, soulignant que “le texte précise, curieusement, les noms, alors qu’il est attendu que les représentants du secteur privé soient choisis, si ce n’est par son organisation la plus représentative, au moins par des instances qui le représentent”. 

LIRE AUSSI: