MAROC
07/12/2018 12h:12 CET

50 Marocaines de l’industrie du cinéma réunies sur le tapis rouge du FIFM pour l'égalité

Une photo symbolique.

SAAD TAZI

FIFM - Asmaa Khamlichi, Sarah Perles, Meryem Benm’Barek et près de 50 autres femmes professionnelles du cinéma, techniciennes, réalisatrices, productrices, auteures, critiques, ont répondu à l’appel de la fondation Tamayouz pour se regrouper mercredi 5 décembre sur le tapis rouge du Palais des Congrès de Marrakech dans le cadre du Festival international du film de Marrakech (FIFM), pour une photo à la symbolique forte. Un projet visant à permettre aux jeunes Marocaines un meilleur accès aux métiers du cinéma, en particulier aux postes de la production et de la réalisation. 

C’est donc carton plein pour l’opération initiée par Dounia Benjelloun-Mezian, Farida Benlyazid, Simone Bitton, Lamia Chraibi et Narjiss Nejjar, les cinq femmes à l’origine de cette mobilisation féminine visant à montrer le rôle des femmes dans les métiers de la production et de la réalisation cinématographique.

Née lors du dernier Festival international du film de Tanger, la Fondation Tamayouz est le fruit de belles rencontres. Le jury du festival, où siégeaient notamment la productrice Dounia Benjelloun-Mezian ainsi que la réalisatrice-documentariste Simone Bitton, avait alors décerné le prestigieux prix de la meilleure production à Lamia Chraibi pour ses deux œuvres “Apatride” (de Narjiss Nejjar) et “Jahiliya” (de Hicham Lasri). Elles décident alors de constituer une association dont l’objectif est de créer une dynamique autour de l’insertion de la femme dans le milieu du cinéma national.

Les deux réalisatrices et scénaristes chevronnées, Farida Benlyazid et Narjiss Nejjar, vient ainsi compléter le trio pour fonder ce mouvement militant. 

SAAD TAZI
De gauche à droite: Narjiss Nejjar, réalisatrice et scénariste; Farida Benlyazid, réalisatrice; Dounia Benjelloun-Mezian, fondatrice de Dounia Productions; Lamia Chraibi, productrice et Simone Bitton, réalisatrice.

“Le bon fonctionnement de la fondation Tamayouz reposera sur la diversité des sources de financement, ainsi que la transparence du processus d’octroi des aides et des subventions” soulignent les fondatrices dans un communiqué, ajoutant que la fondation souhaite ainsi promouvoir le mécénat et l’investissement à long terme dans le cinéma.

Notre fondation a pour ambition d’offrir à de jeunes talents féminins le tremplin nécessaire afin d’atteindre un niveau d’expertise pointu et une visibilité accrue sur la scène nationale et internationale” Dounia Benjelloun-Mezian

Les cinq fondatrices s’accordent en effet à dire que les femmes occupent d’ores et déjà une position forte dans le secteur national de la production avec une capacité à accompagner leur projet avec engagement et bienveillance. Elles constatent cependant une présence insuffisante de leur part dans les métiers de la réalisation et de la création scénaristique.

Ce constat a servi d’impulsion à un des nombreux projets de la Fondation Tamayouz, à savoir la création de binômes de productrices et de réalisatrices pour cogérer des productions cinématographiques d’envergure.

La fondation facilitera par ailleurs l’inscription de jeunes talents dans différentes résidences de formation à l’international telles que Sundance, Torino film lab, Rawi, Tribeca, la Fabrique du Cinéma du monde... et ambitionne d’offrir, dès 2019, une bourse d’étude sur 4 ans à une ou plusieurs candidates bachelières admises à l’École supérieure des arts visuels de Marrakech (ESAV).

En outre, la productrice Lamia Chraibi s’engage personnellement à encadrer la réalisation de cinq projets dans une perspective de “mentoring” articulée autour du métier de la production. Cet accompagnement sera complété par l’attribution d’une aide au développement et à la post-production pour des projets portés par des femmes.