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13/08/2018 17h:02 CET | Actualisé 13/08/2018 17h:02 CET

5 raisons de participer à la manifestation du 13 août 2018

Le 13 août est, depuis 2011, le jour où les esprits libres se rassemblent pour crier à la justice, non seulement à l’égard de la femme mais à l’égard des droits humains et des libertés individuelles dans leur globalité.

Anis Mili / Reuters

C’était le 13 août 1956. Quelques mois après l’indépendance de la Tunisie. Ce jour-là, il était question de l’indépendance de la femme tunisienne, entre autres, avec la promulgation du Code du Statut Personnel.

Adieu la polygamie et les mariages forcés. La femme peut désormais accéder à l’éducation et participer à la vie économique, au même titre que l’homme. Elle peut aussi demander le divorce, ceci n’est plus le propre de l’homme, et tant d’autres lois qui ont permis à la femme tunisienne de sortir de l’ombre et de s’émanciper, n’en déplaise à certains-et certaines.

Le 13 août 1956 marque l’histoire de la femme tunisienne, qui a pu savourer une victoire inouïe et révolutionnaire à l’échelle du monde arabe.

Nous sommes en 2018. Quelques petites années après les événements de 2011, qui ont permis aux islamistes de recouvrer leurs droits et de pouvoir jouir de libertés qui leurs ont été confisquées pendant des dizaines d’années.

Aujourd’hui, certains islamistes, après des années enfouis dans la peur et le silence, jouissent enfin de leur liberté, grâce à tous les Tunisiens. Ils peuvent désormais sortir, parler, manifester, créer des partis politiques, des associations et vivre pleinement leurs libertés. Malheureusement, certains d’entre eux veulent maintenant priver les autres de leurs libertés, dans un discours takfiriste.

À chaque tentative d’entraver à ces acquis ou à freiner les progrès en matière de libertés, le 13 août est, depuis 2011, le jour où les esprits libres se rassemblent pour crier à la justice, non seulement à l’égard de la femme mais à l’égard des droits humains et des libertés individuelles dans leur globalité.

Voici 5 raisons pour soutenir le rassemblement, aujourd’hui, à 18h, devant le Théâtre Municipal :

 

  • Manifestons POUR la liberté

Le 10 août, des manifestants sont sortis LIBREMENT dans la rue pour manifester CONTRE la LIBERTE, contre le rapport de la Colibe notamment. Au nom de quoi on appelle-t-on à restreindre les droits humains? Pourquoi cela dérange-t-il tant de laisser les autres vivre librement? Le 13 août saura y répondre.

Car c’est dans la diversité que le peuple tunisien sera uni. La réussite de ce rassemblement sera synonyme de tolérance et sera pour la Tunisie un nouvel exploit sur le plan social.

Sortons nombreux!

  • Parce que: “Wa9tou” (“C’est le moment”)

Pour ceux qui pensent que “mouch wa9tou” (que “ce n’est pas le moment”) car la situation économique du pays est au plus bas et que ces histoires sont là pour détourner l’attention des “vrais problèmes”:

Depuis quand la liberté n’est-elle pas une priorité? Depuis quand la justice est-elle un faux problème? Il y a des personnes qui continuent à être emprisonnées et humiliées pour des choix personnels et pour leurs idées…

Et croyez-le bien: rien ne pourra faire oublier la situation économique désastreuse. À chaque combat son importance.

 

  • Qui dit “liberté” dit “choix”

Libre à ceux qui ne veulent pas de la liberté, mais pourquoi ne pas laisser les autres prospérer. Peut-être que dans quelques mois ou quelques années, ils changeront d’avis, ils auront alors le choix. Pourquoi cette peur de la liberté, et des êtres libres? La liberté est pour tous. Le rapport de la Colibe ne nuit à personne. Il donne la liberté, il donne la justice et il donne le choix. Il n’y a pas de danger à cela.

 

  • La tolérance est à double-sens

Il est temps de faire la part des choses. Quand va-t-on enfin comprendre que les libertés collectives engloutissent les libertés individuelles et obscurcissent l’être et la façon d’être. Pourquoi ce besoin de vouloir imposer ses choix sur tout un peuple, de vouloir que tous se ressemblent.

Les Tunisiens sont blancs, noirs, arabes, berbères, turcs, espagnols, musulmans, juifs, chrétiens, athées, bouddhistes, hétérosexuels, homosexuels, etc. Chacun est ce qu’il est, ce qu’il veut être et a tous les droits d’exister, de jouir des mêmes droits, et obligations, que les autres.

 

  • Non, l’Islam n’est pas en danger

La religion, la foi, la croyance ou la non-croyance, c’est personnel. Rien ni personne ne peut extirper ce droit, cette liberté de penser. Tant qu’on veut y croire, la foi ne mourra pas.

La religion n’a pas besoin de la Constitution pour continuer à exister. Bien au contraire, il est plus judicieux de séparer politique et religion, pour que justice règne.

L’application des lois égalitaires ne porte aucune atteinte à l’Islam, car un père pourra toujours choisir de faire hériter le double à son fils, et donc d’appliquer la Chariaa. Ces lois n’obligeront personne à boire de l’alcool, à fréquenter des personnes du même sexe ou à ne pas faire Ramadan.

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