TUNISIE
18/07/2018 14h:13 CET | Actualisé 18/07/2018 14h:15 CET

5 jours d'errance en mer pour 40 migrants: La Tunisie refuse -pour l'instant- de les accueillir

Parmi les 40 migrants à bord, 8 femmes dont une enceinte.

Un nouveau drame de migrants fait surface. Il s’agit de 40 migrants venant d’Afrique subsaharienne et d’Égypte qui errent en mer depuis 5 jours à cause du refus des autorités tunisiennes, italiennes, françaises et maltaises de les accueillir. (Vidéo ci-dessous)

 

4 ONG tunisiennes- le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux, le Réseau Euromed Droits, l’Association Tunisienne de Défense des Droits de l’Enfant et la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux rives- ont publié un communiqué commun expliquant les circonstance de ce drame. 

Le bateau Sarost 5 qui assurait une mission d’approvisionnement pour une plateforme gazière est arrivé le 16 juillet au port de Zarzis, avec à son bord 40 migrants, rescapés en mer, mais les autorités tunisiennes ont refusé -pour l’instant- de les faire entrer affirment les ONG. Les autorités tunisiennes justifient ce refus par le fait d’être en négociations pour prendre la décision d’accueillir ou non le navire, qui est pour le moment immobilisé au large du port de Zarzis,

En fin de semaine dernière le bateau Sarost 5 avait accueilli en son bord des des migrants rescapés d’un bateau tombé en panne en pleine Méditerranée. À bord 8 femmes dont une enceinte, d’après les associations.

Malgré un appel à Italie, la France et Malte pour les accueillir, ces derniers ont refusé en arguant qu’ils étaient plus proches des ports tunisiens. 

“Nous sommes bloqués en pleine mer au large de la Tunisie (...) Nous sommes à bout de force”, déplore un des rescapés au site InfoMigrants. 

“Nous sommes laissés à nous-mêmes: nous ne mangeons pratiquement pas, faute de ravitaillement. Nous dormons sur des planches à même le sol. Nous n’avons aucune nécessaire de toilettes: ni savon, ni brosse à dent... Les membres de l’équipage font tout pour nous aider mais ils sont eux aussi à bout de force”, ajoute un autre. 

Les ONG tunisiennes appellent la Tunisie à appliquer ses engagements internationaux, notamment la Convention internationale relative à la sauvegarde de la vie humaine, la Convention internationale relative à la recherche et au sauvetage maritime, entre autres, bien que “la réponse à cette situation de détresse ne garantisse en aucune façon les droits des personnes migrantes en raison de l’absence d’une loi régissant l’asile ou de garantie d’un examen ultérieur juste, équitable et individuel de la situation des rescapés, la Tunisie n’étant pas à ce jour considéré comme un ‘pays sûr’ ”, soulignent les associations signataires. 

Ils s’adressent également aux gouvernements italiens, maltais et français en leurs rappelant qu’étant donné l’urgence de la situation, le renvoi du navire non dûment justifié est une transgression du principe de non-refoulement à bord. 

Craignant le flux de migrants et de devenir une terre de débarquement, les pays européens sur la Méditerranée tendent à durcir les mesures d’accès à leurs ports nationaux. 

Les ONG tunisiennes mettent en garde les pays européennes contre un éventuel désengagement dans la gestion des migrants, en mettant des pays comme la Tunisie devant le “fait accompli”.

Ils expriment “leur ferme opposition” au projet proposé lors du dernier sommet européen le 29 juin 2018 de “plateformes régionales de débarquement” dans des pays tiers pour les migrants secourus dans les eaux internationales.

L’UE propose par exemple des centres de migrants sauvés en mer en Tunisie, mais la Tunisie s’y oppose fermement pour le moment. 

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