MAROC
27/05/2019 18h:05 CET | Actualisé 27/05/2019 19h:34 CET

5 associations marocaines s'unissent pour le placement des enfants abandonnés en familles d’accueil

Et pour la mise en place d’un cadre juridique, alors qu'"un enfant serait abandonné toutes les heures au Maroc".

SOS Villages d'Enfants Maroc

ENFANCE - 5 associations marocaines œuvrant pour la prise en charge et le placement en famille d’ accueil d’enfants en situation d’abandon, s’unissent et lancent le Collectif Marocain de Placement en Famille d’Accueil, afin de mener conjointement un plaidoyer pour la mise en place d’un cadre juridique en faveur de la famille d’accueil.

Avec un comité de pilotage composé de 5 associations fondatrices, le collectif réunit ainsi l’Association Anir d’Aide aux Enfants en Situation Difficile, l’Association Bayti, la Fondation Amane pour la Protection de l’Enfance (FAPE), SOS Village d’Enfants (SOS VE) ainsi que le bureau régional de la Ligue Marocaine pour la Protection de l’Enfance de Taroudant, pour un seul combat.

 Vide juridique

 “Il n’y a pas un texte de loi qui nous aide pour les autorisations de placement en famille d’accueil, le suivi des demandes avec les familles... À chaque demande de placement c’est le juge qui décide au cas par cas, ce qui rend la procédure particulièrement longue”, regrette Houda Srhir, responsable communication de SOS Villages d’enfants Maroc. 

Le placement en familles d’accueil est une option de prise en charge de remplacement parmi d’autres qui sont privilégiées: la réinsertion familiale en famille biologique, la famille élargie, le placement en Kafala et enfin la famille d’accueil. Cette dernière permet ainsi de prendre en charge les enfants sans protection familiale.

Généralement, le juge se réfère à l’article 471 du code pénal, qui prévoit la possibilité de confier un enfant à 'une personne tierce, digne de confiance'.

Un enfant abandonné par heure 

Selon le rapport “L’enfance abandonnée au Maroc” réalisé par Unicef Maroc et la Ligue Marocaine pour la Protection de l’Enfance, un enfant serait abandonné toutes les heures au Maroc. Un chiffre effrayant qui montre l’urgence de la question de la prise en charge des enfants en situation d’abandon.

A ces derniers s’ajoutent ceux qui se retrouvent dans des situations à risques, au sein même de leur environnement familial. Face à cette triste réalité, le Collectif Marocain de Placement en Famille d’Accueil a décidé d’agir pour défendre le droit de chaque enfant de grandir au sein d’une famille et de protéger juridiquement les familles désireuses de les accueillir.

Un modèle qui a fait ses preuves

“Plusieurs enfants et adolescents ont déjà été placés dans des familles. Nous avons des centaines de familles et de jeunes qui peuvent témoigner de l’importance d’un cadre chaleureux. C’est un modèle qui a porté ses fruits”, ajoute la responsable associative.

“Je vais prendre pour exemple, le cas de SOS VE: nous accueillons les enfants jusqu’à l’âge de 13-14 ans. Passé cet âge, les adolescents sont placés dans des internats ou intègrent des foyers de jeunes. Nous croyons fortement que la place d’un enfant se trouve au sein d’une famille. En plus de contribuer à leur épanouissement, le placement en famille d’accueil permet de libérer de l’espace pour accueillir d’autres enfants dans le besoin”, souligne Houda Srhir.

Lancé officiellement samedi 25 mai dernier, à l’occasion de la journée nationale de l’enfant, il s’agit initialement d’un dispositif mis en place dès 2008 par l’association Bayti, structure rejointe par la suite par 4 autres associations pour fonder le collectif.