MAROC
30/10/2018 16h:11 CET

42 "faux mineurs" marocains identifiés à Paris, six expulsés vers le Maroc

Depuis cet été, trois agents consulaires marocains sont chargés d'identifier ces jeunes en vue de les expulser.

HuffPost Maroc

IMMIGRATION - C’est l’une des questions épineuses de la coopération franco-marocaine. Celle des mineurs marocains arrivés clandestinement à Paris et dont le nombre a fortement augmenté depuis 2017. Regroupés en majorité dans les rues du 18e arrondissement de la capitale française, notamment dans les quartiers de la Goutte d’Or, La Chapelle et Barbès, s’adonnent à de la petite délinquance, la plupart du temps sous l’emprise de la drogue

Après la médiatisation de leurs cas, différents acteurs sociaux et étatiques français ont tenté de gérer la situation jusqu’à un accord passé cet été entre le Maroc et la France pour venir à bout du problème. Depuis, trois agents consulaires marocains sont ainsi chargés d’aider quotidiennement la police française du 18e arrondissement pour identifier ces jeunes en vue de les expulser.

Selon Le Point, qui a eu accès à une note des services de la préfecture de police de Paris, “42 Marocains qui se faisaient passer pour mineurs étaient majeurs” sur les 219 dossiers étudiés depuis le lancement de la coopération franco-marocaine en la matière.

Parmi eux, huit se sont vu signifier une obligation de quitter le territoire français, indique l’hebdomadaire. Six ont déjà été reconduits au Maroc, un se trouverait encore dans un centre de rétention administrative en France, et le huitième aurait “fugué” et serait actuellement recherché, précise le magazine.

Autres chiffres signifiants: depuis janvier 2018, 1552 mineurs marocains ont été interpellés par les services de sécurité parisiens (contre 813 pour toute l’année 2017), et 1450 ont été placés en garde à vue, dont 806 sont passés devant la justice. Parmi eux, 21 ont été placés en détention provisoire.

Lors d’un reportage effectué par le HuffPost Maroc en mai 2017, plusieurs mineurs marocains interrogés assumaient d’avoir quitté le Maroc, un pays qui, selon leurs dires, leur offrait peu de chances de s’en sortir. Les jeunes racontaient également qu’ils étaient déscolarisés au Maroc et n’avaient aucune perspective d’évolution.

D’autres, arrivés à Paris depuis un an et bénéficiant du programme de la protection de l’enfance, avaient de leur côté fait part de leur désillusion. “En venant ici, je pensais trouver beaucoup de choses. Je pensais pouvoir travailler, trouver une fille de bonne famille. Mais ici, nous avons vu des gens sans papiers dormir dans la rue. Les gens pensent que la mendicité n’existe qu’au pays”, nous confiait l’un d’entre eux.