TUNISIE
01/08/2019 15h:10 CET | Actualisé 01/08/2019 15h:13 CET

Loi relative à la lutte contre la violence faite aux femmes: La ministre reconnait certaines défaillances et pointe du doigt "les mentalités"

Selon la ministre, certaines personnes dissuadent les femmes victimes de violence de porter plainte.

Huffpost MG

Le ministère de la Justice a enregistré environ 40 mille plaintes déposées par des femmes ayant étaient victimes de violences durant l’année 2019, conformément à la loi numéro 58 relative à la violence faite aux femmes, a indiqué Naziha Laabidi, ministre de la Femme, de la famille, de l’Enfance et des Seniors.

La ministre de la Femme a précisé que “les 40 mille plaintes déposées, ont la plupart un lien avec des affaires de violence à l’encontre des femmes dans un cadre familial”.

Le nombre réel des femmes victimes de violences est largement supérieur au chiffre communiqué, a souligné Laabidi expliquant que certaines femmes, ne déposent pas de plaintes, ou encore en raison du refus de certaines parties d’enregistrer ces plaintes.

Laabidi a dans ce contexte, reconnu des défaillances dans l’application de la loi 58, notant à ce propos, l’existence d’une mentalité qui prévaut dans certaines administrations, et qui s’oppose à la volonté de certaines femmes victimes de violences d’intenter un procès, sous prétexte “de préserver la cohésion familiale”.

Et d’ajouter que certains hôpitaux refusent aussi de délivrer un certificat médical aux femmes victimes de violences, pour ce même motif, a-t-elle encore regretté.

La loi 58 relative à la lutte contre la violence faite aux femmes, est entrée en vigueur à la date du 11 août 2017 et comporte moult chapitres dissuasifs adoptés par le Parlement pour lutter contre toute forme de violence faite aux femmes et aux enfants.

Vers une hausse du budget du ministère pour l’année 2020?

La ministre de la femme, de la famille, de l’enfance et des seniors, Naziha Laabidi, a indiqué que le gouvernement et le ministère des Finances ont réagi favorablement à la demande de son département concernant une augmentation du budget pour 2020 ainsi qu’une augmentation des fonds alloués au développement.

Laabidi a révélé que son département a réclamé l’augmentation de l’enveloppe consacrée à l’alimentation des enfants sans soutien dans les centres intégrés ainsi que l’augmentation des subventions accordées aux familles d’accueil, dont le nombre est estimé à plus de 100 familles.

“Le ministère a aussi demandé une augmentation des subventions consacrées aux équipements et les activités ainsi que celles accordées par l’Etat pour inscrire les enfants des familles démunies dans les jardins d’enfants, et soutenir les femmes rurales”, a ajouté la ministre.

S’agissant des ressources humaines, Laabidi a signalé que le département a demandé de lancer un appel à candidatures pour le recrutement des agents notamment dans le secteur de la protection de l’enfance.

Elle a reconnu, à ce propos, l’insuffisance du budget alloué au ministère pour l’année 2019 malgré son évolution par rapport aux années 2016,2017 et 2018.

Le budget du ministère de la Femme, de la famille, de l’enfance et des seniors pour l’année 2019 est estimé à 168 millions dinars dont 107 millions dinars sont destinés à la masse salariale et 30 millions dinars seulement pour le développement.

Le budget de l’État au titre de l’année 2019 est estimé à 40.6 milliards dinars.

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