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20/07/2018 16h:44 CET | Actualisé 20/07/2018 16h:44 CET

4 conseils simples pour une déconnexion efficace et productive pendant vos vacances

Dans une culture de la connexion permanente, doit-on profiter de l’été pour s’en échapper un peu? La pause estivale se révèle en effet être l’occasion idéale pour relever le défi.

Poike via Getty Images

C’est un raz de marée. Nous sommes 2 milliards d’utilisateurs de Facebook, 1,5 milliards sur YouTube et désormais 1 milliard sur Instagram à “liker” paysages paradisiaques et autres photos d’influenceurs en tout genre. La chercheuse Mai-Ly Steers avait déjà étudié il y a quelques années les habitudes d’utilisation de Facebook d’étudiants américains; les résultats montraient que plus un utilisateur “like”, plus il est gagné par un sentiment de déprime. Son équipe concluait ainsi que se tenir à distance raisonnable des écrans réduirait la disposition générale à la mélancolie. Dans une culture de la connexion permanente, doit-on profiter de l’été pour s’en échapper un peu? La pause estivale se révèle en effet être l’occasion idéale pour relever le défi.

Savoir s’entourer

Afin de ne pas uniquement compter sur des promesses qui se révèlent parfois intenables (“non, je ne regarderai pas mes emails des vacances!”), il est intéressant de rendre public son projet de déconnexion technologique. Selon l’étude [1] du chercheur Gail Matthews, les participants faisant part publiquement de leur initiative ont un taux de succès de 70 %, contre 35 % pour ceux n’ayant pas partagé cette information à leur entourage.

Conjoint, amis et membres de la famille viennent alors jouer un rôle moteur dans ce “jeûne d’Internet”, donnant l’opportunité d’échanger sur les éventuelles difficultés rencontrées. Mais plus qu’en parler, changer d’environnement direct permet de prendre du recul sur sa relation journalière avec les écrans.

Faire un pas de côté

Ecogîtes, cabane dans les arbres.. autant de nouveaux décors propices à la déconnexion. Plus récents, des programmes sur mesure de “digital detox” voient le jour comme des bulles échappatoires à notre société contemporaine. Parmi eux, la psychologue spécialiste en addiction numérique, Clémence Cier, propose des cures de déconnexion dans les Hautes-Pyrénées. Les propriétaires du château La Gravière près de Bordeaux ont mis en place des séjours prohibant tout gadget connecté. A l’étranger, “Time to Log Off” offre des refuges axés sur le yoga et la méditation. La Villa Stéphanie à Baden-Baden en Allemagne a même poussé l’expérience jusqu’à munir les murs de ses chambres de dispositifs bloquant les connexions sans fil...

Se déconnecter pour libérer sa créativité

La nature reste la source suprême de déconnexion, une thèse confirmée par l’enquête du chercheur David Strayer “La nature nourrit la créativité après quatre jours de randonnée”[2]. Celle-ci révèle que des routards ayant passé quatre jours déconnectés dans la nature ont pu accroître de 50% leur capacité à résoudre des problèmes de façon créative. Accompagner ce changement d’environnement d’activités physiques régulières s’avèrerait donc bénéfique pour développer son sens de la créativité.

Stimuler l’éveil des cinq sens fait aussi naître de nouveaux modes de réflexion, une idée notamment à l’origine de la conception de bureaux multi-sensoriels, comme par exemple chez LinkedIn, qui a commandité une étude à son cabinet d’architecte pour mesurer l’impact neurologique de la stimulation des sens sur le lieu de travail. Les fondateurs de la start-up Sombox sont allés, eux, jusqu’à concevoir une cabine de sommeil qui peut être implantée n’importe où pour vraiment déconnecter et développer sa créativité.

L’ennui: catalyseur de toute forme de création avant de revenir au virtuel

La tentation de remplir ce “vide technologique” peut relever du parcours du combattant. Il faut savoir laisser place à l’ennui et observer les nuages à la manière de “l’Etranger” dans les Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire. Des chercheurs de l’Université de Santa Barbara ont établi un lien avéré entre rêverie et réflexion innovante dans leur étude “Inspired by Distraction[3]”. Selon Amy Fries, auteur du bestseller sur la question (Daydreams at work: wake up your creative powers), la rêverie permettrait de visualiser et de simuler sa propre version des évènements pour acquérir de nouvelles perspectives sur un problème.

En prenant momentanément un peu de recul avec les écrans, on peut ensuite réinventer, à sa guise, sa relation avec eux pour mettre en place un usage et une routine qui nous satisfont. Des millions de personnes se connectent chaque instant autour de nous. Soyons créatifs et un peu plus plus ancrés dans le réel cet été!

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[1] “Study focuses on strategies for achieving goals, resolutions”, Dr. Gail Matthews, Dominican Université de Californie, 2015

[2] “Creativity in the wild: improving creative reasoning through immersion in natural settings”, David Strayer, Université d’Utah, 2012

[3] “Inspired by distraction”, Benjamin Baird, Université de Santa Barbara, 2012