ALGÉRIE
19/04/2019 17h:55 CET | Actualisé 19/04/2019 21h:49 CET

39e anniversaire du 20 avril : un printemps pas comme les autres

Ghada Hamrouche pour le HuffPost Algérie

C’est le vendredi 19 avril. Nous sommes à la veille du 39e anniversaire du printemps berbère. Les Algériens battent le pavé depuis le matin. 

Les drapeaux vert, jaune et bleu flottent dans le ciel de la capitale algérienne aux côtés de l’emblème national en ce 9e vendredi de manifestation.  

Ghada Hamrouche pour le HuffPost Algérie

Beaucoup de manifestants, comme les vendredis passés, sont arrivés de Kabylie. Ce vendredi est spécial pour eux. Ils fêtent à Alger, la capitale du pays, leur capitale, un printemps pas comme les autres.

Ils fêtent le printemps berbère, pour la première fois avec les autres Algériens. Ils chantent dansent, se souviennent de leurs martyres, le tout festif et sans la moindre rancoeur. 

“Jamais je ne me suis senti algérien à part entière comme aujourd’hui”, affirme un jeune homme, trentenaire, la voix émue les yeux humides perdus dans la masse des jeunes manifestants kabyles drapés de leurs couleurs. C’est à peine croyable pour lui qu’il puisse défiler à Alger sans la moindre hostilité. 

Son ami renchérit “depuis 2001, où on a été chassé d’Alger, on se sentait exclus et pas concerné par ce qui se passait dans ce pays. Plus maintenant. Depuis le 22 février on retrouve ce sentiment d’appartenance à ce peuple. Nous partageons le rejet de ceux qui gouvernent comme tous les Algériens. Nous sommes Algériens amazighes et fiers de l’être”, crie-t-il avant que sa voix ne se perde dans les chants de ses coéquipiers.  

 

Les femmes n’ont pas manqué à cette fêté très spéciale. Des femmes, des jeunes filles, en robes kabyles, avec leur drapeau en mains ou autour de leurs tailles à la place de leur “fouta” traditionnelle, ont redonné les couleurs chatoyantes à Alger qui a été privée de soleil en ce 19 avril brumeux.

 

Ghada Hamrouche pour le HuffPost Algérie

Pourtant en début de la matinée, la police a failli gâcher la fête. Des policiers ont voulu arracher les drapeaux amazighes des mains de certains manifestants. La réaction solidaires des Algérois et les cris de réprobations des manifestants ont contraint les policiers à lâcher prise.“Laisser-les. Vous n’avez pas le droit de les toucher”, criait rageusement une dame à la face de policiers, un peu plus haut que le cinéma l’Algeria. 

Ces consignes, si elles émanent de la hiérarchie, s’avèrent inapplicables dans les faits. On ne réprime pas des centaines de milliers de gens. On ne peut pas saisir des milliers de drapeaux. On ne peut que constater la bêtise de ceux qui ont cru pouvoir saisir des emblèmes, qui du reste, se vendaient à tous les coins de rue. 

Les jeunes ont refusé de répondre à la provocation et c’est tant mieux. Le vendredi devait rester pacifique et festif.