ALGÉRIE
09/11/2019 12h:55 CET

38e vendredi de contestation populaire à Alger: Le Hirak entame son deuxième hiver avec une détermination intacte

Huffpost Algérie
manifestation vendredi

Les élections présidentielles avancent à grands pas et la campagne électorale des cinq candidats débutera incessamment. Pendant ce temps, les vendredis de contestation contre le régime perdurent. Les manifestants n’obtempèrent pas. L’annulation des élections et le départ des “résidus de l’ancien système” sont des revendications “sans compromis” que les manifestants s’attellent à répéter ce 38e vendredi encore. De Didouche Mourad à Bab El Oued, ils scandent “faire tomber les élections est un devoir national”.

À la rue Didouche Mourad, on suit toujours le protocole. Vers 13H, les manifestants commencent à se rassembler près de la mosquée “Errahma”. Ils attendent que les fidèles terminent la prière pour entamer officiellement la manifestation du vendredi. Cette attente est pour beaucoup un moment privilégié. “Le youyou qui précède le début de la manifestation me donne la chair de poule”, confie une dame d’un certain âge. Cette fois-ci le “youyou” est remplacé par “Ya Aliii” d’une voix masculine qui raisonne dans cette rue déjà pleine de monde.

Ce 38e vendredi de manifestation à Alger, on ne décolère pas. On manifeste avec la même détermination du 22 février à la veille du 10e mois de contestation. Le décor est le même à Alger-Centre ce vendredi : fourgon de police, cordon policier, citoyen habillé en drapeaux, des pancartes portant des slogans hostiles au régime, des slogans chantés en cœurs pendant la marche, le constat est facile : l’hirak se porte bien.

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Cette journée pluvieuse annonce l’arrivée de la saison du froid. Elle ne décourage pas pour autant les citoyens. Ils sont plusieurs centaines à arriver à Place Maurice-Audin moins d’une heure avant le début de la manifestation. Il marque une halte devant le cordon policier qui les sépare de la placette et commence à scander en chœur “l’Istiklal, l’istiklal, l’istiklal” et finissent avec des applaudissements qui raisonnent dans toute la rue.

Cette indépendance que les manifestants réclament, consiste à se défaire du régime politique de l’Algérie. À travers les pancartes brandies, les manifestants montrent leur attachement à leur liberté. Une dame inscrit sur sa pancarte “ma liberté est ma seule direction. Je vais de l’avant c’est ma direction pour la libération de mon Algérie”.

À Bab El Oued, “on demande la liberté”

Les manifestants du quartier de Bab El Oued sont comme chaque vendredi attendus à la rue Asslah Hocine. Leur arrivée est annoncée par un cri: “Rahom Jaw Shab Bab El Oued”, ils sont là les gens de Bab El Oued. Aussitôt la rue est noire de monde, et des voix s’élèvent demandant “la liberté”.

Leur arrivée est marquée par un slogan chanté en chœur. “La roue va tourner et on les enlèvera. Nous sommes les enfants du martyr Amirouche et on ne reviendra jamais en arrière. On demande la liberté”. 

Tout au long du chemin qui les mène à la Grande Poste, les manifestants de Bab El Oued répètent des slogans hostiles envers l’État. Pour ces contestataire “l’Etat est responsable de la misère du peuple”, on l’accuse également du “décès des soldats de Tipaza” et jurent que les élections présidentielles n’auront pas lieu.

L’arrivée de la saison du froid, n’altère en rien la vitalité du mouvement. Les manifestants traversent les saisons, et continuent à réclamer leur droits pacifiquement.