ALGÉRIE
18/10/2019 17h:48 CET | Actualisé 18/10/2019 17h:58 CET

35e vendredi: "makach marche-arrière......"

ASSOCIATED PRESS
Algerians take part in a protest against the government in Algiers, Algeria, Friday, Oct. 18, 2019. Thousands of protesters took to the streets of the capital after Friday prayers. (AP Photo/Toutik Doudou)

Des milliers? Des dizaines de milliers? Des centaines de milliers? Peu importe. Ils étaient nombreux très nombreux à affluer au centre ville de la capitale, De bab El Oued, De la place du 1er mai et des hauts de la rue Didouche-Mourad, les Algériens comme chaque vendredi depuis le 22 février n’ont pas raté le rendez-vous hebdomadaire de la contestation.

Ils ne sont pas d’accord pour la trajectoire que le pouvoir veut donner à leur pays et le font savoir tout haut. D’abord makanch el vote (pas d vote cette année), ensuite un franc rejet aux lois de finances et des hydrocarbures.

Les manifestants nombreux à envahir le centre de leur capitale sont décidés à faire échec à tout passage en fort. En dépit du dispositif sécuritaire qui les a confinés dans des passages étroits, les Algériens ont donné de la voix pour crier leur ras le bol des “politiques de bricolage”. “Makach marche arrière wa al doula fourrière...” résonnait au quatre coins du centre ville dénonçant l’état de délabrement de toutes les institutions de l’Etat. 

 

Les détenus du hirak, à qui les Algérois avaient rendu la veille un vibrant hommage entre 20h et 20H30, était présents avec les manifestants à travers leurs portraits et les “atalkou al masajine ma ba3ouch al cocaïne” (Libérez les détenus ils n’ont pas vendu la cocaïne).

 

Ghada Hamrouche pour le HuffPost Algérie
Hommage aux détenus du Hirak

Brandissant les drapeaux nationaux, chantant parfois l’hymne national et d’autres fois scandant “hada al ch3b la yourid houkm el 3askar min jadid” (ce peuple ne veut plus du pouvoir des militaires), les contestataires, au 35e vendredi, ont conservé le caractère pacifique de leur manifestation.

Ce vendredi, les manifestants ont crié de temps à autre ” Ya Aliiiiiiii....” plusieurs fois avant d’appeler un autre martyr et d’enchainer sur les “tahya el Jazaïr”. Des moments d’intenses émotions.  

A contrario des manifestants aux deux coins de la Méditerranée, à savoir Barcelone et Beyrouth, les manifestations algériennes sont marquées par une ambiance bon enfant.

Cette joie communicative des manifestants ne cache pas leur determination à aller jusqu’au bout de leur logique. Mettre le pays sur les rails de la démocratie.