ALGÉRIE
11/10/2019 17h:49 CET | Actualisé 11/10/2019 18h:08 CET

34e vendredi de manifestation à Alger : hostilité clairement affichée au pouvoir qui perdure

RYAD KRAMDI via Getty Images
Algerians shout slogans during an anti-government protest in the capital Algiers on October 11, 2019. (Photo by RYAD KRAMDI / AFP) (Photo by RYAD KRAMDI/AFP via Getty Images)

Alger continue de vibrer chaque vendredi au rythme du mouvement de contestation déclenché le 22 février. Le point névralgique du mouvement, Alger-Centre, ne désemplit pas ce 34e vendredi de manifestation. Les citoyens occupent les axes principaux des quartiers emblématiques d’Alger. Ils réclament le changement et affichent une hostilité claire au pouvoir en place.

Quelques minutes avant la fin de la prière à la rue Didouche Mourad, les policiers occupaient en nombre les trottoirs. Certains passants redoutaient une répression comme celle de mardi dernier pendant la manifestation des étudiants. Aussitôt la prière terminée les fidèles rejoignent les citoyens qui les attendaient et entament le 34e vendredi en scandant “traitres vous avez vendu le pays”.

 

 

Face à la détermination de cette foule, les policiers se retirent petit à petit laissant le chemin aux manifestants qui arrive au fur et à mesure et se dirigent vers la Grande Poste. Habillé de leurs drapeaux, portant leurs pancartes, il marche en serrant les rangs pour ne former qu’un seul corps. De temps à autre ils marquent des pauses de quelques minutes pour former un seul groupe.

En slogans ou en pancartes, les manifestants ont haussé le ton ce 34e vendredi. En s’adressant au policier ils ont scandé “Hagarine El-Talaba  3assassine El Isaba”, qui signifie : vous tabassez les étudiants et vous surveillez le gang. Ils dénoncent ainsi la répression musclée envers les étudiants lors de leur 33e marche.

Les messages inscrits sur les pancartes de ce 34e vendredi de manifestation, montrent également le mécontentement des manifestants. Un citoyen a écrit “les élections du 12 décembre sont un suicide collectif”, un autre citoyen en s’adressant au pouvoir écrit “candidats minables, élection jetable, pouvoir stable, justice manipulable et Hirak infatigable”.

 

Huffpost Algérie
Manifestation vendredi

 


Le changement auquel aspirent les manifestants s’exprime à travers plusieurs revendications à savoir le refus des présidentielles du 12 décembre, le refus du régime militaire, et du gouvernement de Nordine Bedoui. Certains rappellent “nous vous avons demandé de partir par de vous porter candidat”.

Ce changement c’est aussi pour les citoyens le respect des libertés individuelles. Le droit de s’exprimer librement sans risquer pour autant de se retrouver derrière les barreaux comme de nombreux militants et manifestants arrêtés depuis le début du mouvement. Les manifestants de ce vendredi ont inscrit sur des feuilles blanches les noms des détenus d’opinions, et ont exigé leur libération.


Le chef de l’état-major Gaid Salah ne s’est pas exprimé cette semaine. Il n’a prononcé aucun discours, comme il a l’habitude de le faire depuis le 22 février. Un silence qui a vu réagir la toile algérienne pendant la semaine et du hirak ce vendredi. Certains manifestants pensent avoir trouvé la raison de cette absence, un groupe de manifestants chantonnait “nous lui avons mis la pression, il a eu un pic de tension”.

Ce vendredi encore les Algérois ont marché d’un quartier à un autre. Exigeant de ce pouvoir de se rétracter quant à la tenue des élections mais aussi sur les lois qui seront soumises cette semaine au parlement notamment celle des hydrocarbures et des finances. On promet d’ores et déjà une manifestation le dimanche devant le siège de l’Assemblée populaire nationale.