ALGÉRIE
13/09/2019 13h:03 CET

30e vendredi: Dispositif policier renforcé à Alger, plusieurs interpellations

HuffPost Algérie
30e vendredi

Le passage en force pour des élections présidentielles se traduit lors de ce 30e vendredi de manifestation. Dans la capitale, un dispositif sécuritaire renforcé a été mobilisé pour entraver la marche des manifestants ce 13 septembre 2019 contre les symboles du pouvoir “bouteflikien”, notamment Gaid Salah et les élections présidentielles qu’ils souhaitent organiser “dans les plus brefs délais”.

Des dizaines d’arrestations ont été opérées tandis que les forces de l’ordre tentent d’empêcher le moindre rassemblement, obligeant les manifestants à se déplacer sans cesse.  

 

Des centaines de manifestants ont donné le coup d’envoi de ce 30e vendredi, en attendant la fin de la prière. Cette marche intervient après une semaine marquée par l’accélération des préparatifs des élections présidentielles, dont la convocation du corps électoral est attendue pour demain, sur une “suggestion” de Gaid Salah.

Deux projets de lois organiques, relatifs à la création d’une autorité nationale indépendantes en charges des élections et à l’amendement de la loi électorale ont été adoptés hier par les députés de l’APN, majoritairement dominée par le FLN et le RND, partis rejetés par les manifestants depuis le 22 février. Deux projets de loi adoptés aujourd’hui par le Sénat. 

Cette semaine a également été marquée par un discours virulent du chef d’Etat-major, qui a déclaré “qu’on est soit avec l’Algérie soit avec ses ennemis”, en adoptant, ou pas, la feuille de route du pouvoir.

Des dizaines d’interpellations avaient déjà été effectuées peu avant 11H, à la Place Audin et la Grande-Poste, où des dizaines de policiers en tenue civile ont été déployés.

Les premiers manifestants n’ont pas tardé à donner le coup d’envoi de la marche, du haut de la rue Didouche Mourad. 

Drapés de leurs drapeaux, pancartes brandies, ils scandaient, à gorges déployées, leur rejet de ces élections présidentielles. Ils ont également scandé des slogans en soutien à Karim Tabbou, coordinateur national de l’Union démocratique et sociale (UDS), parti non agréé. Il a été placé en détention provisoire par le juge d’instruction près le tribunal de Koléa pour “atteinte au moral de l’armée”. Une décision de justice largement moquée sur les réseaux sociaux par des internautes algériens.

Ils ont également scandé “Imazighen, Casbah Bab El Oued” ou encore “Kabyles, Arabes, khawa khawa et Gaid Salah est avec les traitres”. 

Les forces de l’ordre n’ont eu de cesse à tenter de disperser les premiers manifestants. Ils les empêchaient ainsi de descendre vers la Place Audin ou de monter plus haut. Les protestataires se retrouvaient, à chaque fois, confinés par des policiers, qui tentaient de les éloigner des principales artères du centre de la capitale et les évacuer au profit des automobilistes.

Les policiers profitaient ainsi des déplacements des protestataires pour effectuer des interpellations.