ALGÉRIE
16/08/2019 16h:38 CET

26e vendredi: les manifestants disent "niet" au "dialogue" et promettent "de ne pas s'arrêter"

RYAD KRAMDI via Getty Images

26 semaines après son déclenchement, le 22 février 2019, le mouvement populaire ne flanche pas. Les manifestants sont toujours au rendez-vous dans plusieurs villes du pays. A son sixième mois, le hirak campe sur ses positions. Les manifestants, à Alger ou Oran, Tizi Ouzou ou Tiaret, continuent de rejeter le dialogue et les élections en présence des symboles du régime, à commencer par Gaid Salah, Nourreddine Bedoui et Abdelkader Bensalah.

Dans la capitale algérienne, les manifestants, après avoir été nombreux durant la matinée, ont entamé leur marche pacifique à la rue Didouche Mourad. Comme à leur habitude, ils se sont rassemblés à la fin de la prière en plusieurs processions denses pour descendre, doucement mais sûrement, à la Place Audin avant de se diriger à la Grande-Poste. 

Les protestataires, bravant un dispositif sécuritaire toujours aussi étouffant, ont réitéré, en choeur, leur rejet du dialogue avec la bande. Ils ont également scandé “Eta civil, pas militaire”, critiquant, à maintes reprises, le chef d’Etat-major, Gaid Salah. 

Brandissant leurs emblèmes, des pancartes et des banderoles, ils ont également scandé “pas de dialogue avec la bande”, ou encore “Il n y aura pas d’élections, bandes de voleurs”. 

Les mêmes slogans étaient repris à la Grande-Poste, particulièrement sur l’esplanade du monument. Des manifestants, par centaines, scandaient “Karim Younes, à la poubelle”. Dans une ambiance festive, sous les percussions de la derbouka, ils faisaient également part de leur refus de se laisser-avoir par le “hiwar”, rétorquant, aux partisans “du dialogue avec la bande” que le peuple n’était pas “himar”. 

Les forces de l’ordre ont essayé d’exfiltrer un porteur de drapeau amazigh pour l’interpeller avant que les manifestants n’interviennent pour les en empêcher. 

Les habitants de Belcourt, Ruisseau et des quartiers adjacents ont également rejoint la marche au coeur de la capitale. Après le passage de quelques processions de centaines de personnes, dispersées tout au long de la rue Hassiba, une longue marée a fini par déferler quelques minutes plus tard.

Ils reprenaient, eux aussi, les slogans hostiles à des élections sous Bedoui, “architecte de la fraude électorale” selon les dires de manifestants. Ils rejetaient encore les efforts du panel de médiation tout en critiquant Gaid Salah, “chef de la bande”. 

Ce 26e vendredi intervient après une semaine “chargée” pour le panel de médiation. La commission, présidée par Karim Younes, a mené plusieurs consultations avec des organisations, des syndicats autonomes avant de se rapprocher de partis politiques la semaine prochaine. 

La semaine dernière, les personnalités de cette commission ont prôné la tenue d’une présidentielle, “seule voie pour le règlement de la crise”. Le coordinateur de ce panel a appelé au dialogue, “moyen le plus sûr pour aboutir à une solution consensuelle”.

Une proposition valorisée, officiellement, par le chef d’Etat-major, Gaid Salah, qui avait, quelques jours auparavant, rejeté les “préalables” de cette même commission au dialogue, dont la libération des détenus d’opinion et l’allègement du dispositif sécuritaire, entre autres. 

La capitale n’est pas la seule ville à avoir connu une marche contre des ”élections fraudées”. Plusieurs autres villes ont été le théâtre de marches grandioses de leurs habitants contre un ”état militaire”, tout en promettant de ne pas s’arrêter. 

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