TUNISIE
02/04/2018 13h:29 CET

25% du montant des marchés publics sont détournés, selon Chawki Tabib

Il explique que 100 millions de dinars seulement sont nécessaires pour une lutte efficace contre la corruption.

Lors d’une journée de sensibilisation organisée samedi dernier à l’occasion de l’ouverture du nouveau bureau de l’Instance Nationale de Lutte Contre la Corruption (INLUCC) à Kairouan, son président Chawki Tabib a dénoncé la fraude énorme enregistrée dans les marchés publics en Tunisie, dont 25% du montant se retrouvent dans les poches de fonctionnaires corrompus, selon ses dires.

Selon Tabib, le problème réside dans la mauvaise gouvernance qui doit faire l’objet de réformes, afin de bien gérer aussi bien les marchés publics, que les établissements publics qui coûtent à l’État près de 700 millions de dinars par an.

Le déficit public souffre de sa part de la corruption de la douane, l’évasion fiscale, et la mauvaise gestion des caisses de compensation, dont profitent essentiellement les contrebandiers, a-t-il indiqué

La contrebande de médicaments serait également à l’origine de la crise par laquelle passe la pharmacie centrale, et qui a coûte à l’État près de 400 millions de dinars selon le président de l’INLUCC.

S’agissant du port de Radès, celui-ci enregistrerait une perte de 900 millions de dinars annuellement, selon l’INLUCC.

Il a également dénoncé le pauvre budget alloué à l’instance (2,5 millions de dinars), qu’il estime digne d’un festival et non d’un organisme gouvernemental de lutte contre la corruption.

Parmi les institutions qui manquent également de budget, Tabib a cité la Cour des comptes et le pôle judiciaire économique et financier.

Chawki Tabib a par ailleurs appelé le gouvernement à établir une stratégie solide de lutte contre la corruption afin de traiter le problème dans ses racines, et ne pas se contenter, dit-il, des “opérations coup de poing”, indiquant qu’une lutte efficace contre la corruption ne coûtera à l’Etat que la somme de 100 millions de dinars, répartis entre l’INLUCC, la Justice, et la société civile. “Cette somme ne doit pas provenir des fondations ni des ambassades, mais de l’État tunisien” a-t-il ajouté

“Le fléau de la corruption menace aujourd’hui sérieusement la transition démocratique, et pourrait mener à ‘un Etat mafieux’, chose qui n’as pas seulement été relevée par l’Instance, mais également par d’autres observateurs nationaux et internationaux. Nous savons aujourd’hui que des députés sont corrompus, et que quelques uns ont même été dénoncés par des personnes qui leur sont proches.” a-t-il déclaré, appelant à prendre des mesures à leur égard, pour ne pas voir ces pratiques se généraliser.

La journée, sous le thème “Le Kairouan combat la corruption”, a été organisée en partenariat avec l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), en présence de son secrétaire général adjoint, Sami Tahri, et du président de l’INLUCC, Chawki Tabib.

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