ALGÉRIE
19/10/2019 15h:55 CET | Actualisé 19/10/2019 16h:54 CET

24ème Salon international du livre d’Alger : tapis rouge pour les jeunes auteurs

Fayçal Métaoui pour le HuffPost Algérie
Conférence de presse du commissariat du SILA

“Le livre, un continent” est le slogan choisi pour la 24ème édition du Salon international du livre du livre d’Alger (SILA) qui aura lieu du 31 octobre au 9 novembre 2019 au Palais des Expositions des Pins maritimes (Safex). Trente-quatre pays participent à l’édition 2019. “Cette année, la participation a battu son record, dès lors qu’on a enregistré 1030 exposants dont 298 algériens, 323 arabes et 409 du reste du monde. Une dizaine de maisons d’éditions algériennes se sont retirées notamment pour des raisons financières, mais il y a des éditeurs algériens qui marquent leur présence pour la première fois”, a déclaré Mohamed Iguerb, commissaire du Salon international du livre d’Alger (SILA), lors d’une conférence de presse, ce samedi 19 octobre, à la bibliothèque nationale. “Pour la première fois dans l’histoire du SILA, la sélection de l’affiche a fait l’objet d’un concours national adressé aux artistes, aux designers et aux étudiants des écoles des beaux-arts algériens. L’affiche gagnante reflète parfaitement la tendance du SILA de cette année marquée par sa coloration africaine. Le livre peut constituer un continent par le savoir et la connaissance qu’il véhicule”, a-t-il précisé. Le concours a été remporté par l’artiste Kada Hamidi de Mascara. “Le jury, composé de quatre membres parmi des artistes plasticiens et des designers, a tranché pour le gagnant”, a indiqué Amine Idjer, chargé de la communication du SILA.

Le Salon d’Alger dans les premiers rangs en Afrique

Selon Mohamed Iguerb, le SILA, qui connaît, chaque année, une augmentation du nombre des visiteurs et des participants, est un rendez-vous respecté dans l’agenda mondial des salons du livre. “Il est dans les premiers rangs dans le monde arabe, sur le continent africain et en Méditerranée. L’aventure culturelle lancée dans les années 1990 est devenue une grande fête du livre. Une fête populaire. Je me dois de rendre hommage à tous mes prédécesseurs qui ont réussi à relayer leurs efforts au fil des éditions”, a-t-il déclaré. Le cap est maintenu, d’après lui, malgré les restrictions budgétaires. Le budget du SILA 2019 est de 55 millions de dinars. “En ces moment où l’Algérie se repense, nous gardons la conviction que le savoir et la pensée, de même que les lettres, contribuent de manière profonde et utile à enrichir les débats et les démarches”, a-t-il dit. Un tapis rouge sera déroulé cette année aux jeunes écrivains algériens. « Les noms connus de la littérature algérienne seront présents. C’est sûr. Chaque année, ils sont invités par leurs éditeurs pour présenter leurs œuvres. Pour 2019, la priorité est accordée aux jeunes plumes qui doivent être connues du public algérien. 90 % du programme culturel du SILA sera assuré par les jeunes auteurs avec des thématiques grand public, non élitistes », a annoncé le commissaire du SILA. Jeudi 7 novembre 2019, à 14 h, un podium sera consacré aux jeunes auteurs en présence notamment de Mohamed Salah Qaref (prix Mohammed Dib), Saïd Fetahine et Nahed Boukhalfa (au niveau de la salle des conférences au pavillon central). Djamel Foughali, directeur du département livre au ministère de la Culture, présent à la conférence de presse, a annoncé que les 43 lauréats du prix Ali Mâachi (roman, poésie et théâtre) sont invités à rencontrer le public au SILA, au pavillon consacré au ministère de la Culture. Le ministère se charge, selon lui, d’éditer les œuvres par groupe de dix.

Sénégal, pays invité d’honneur

Fayçal Métaoui pour le HuffPost Algérie
Le premier secrétaire de l'ambassade du Sénégal à Alger

Après le Chine en 2018, le Sénégal est le pays invité d’honneur cette année. Un espace de 200 m² est consacré aux éditeurs de ce pays au niveau du pavillon central. “Le Sénégal sera présent avec une délégation d’une trentaine d’écrivains, d’auteurs, d’éditeurs et d’intellectuels. Le ministre de la Culture et de la Communication sénégalais (Abdoulaye Diop) sera à la tête de la délégation », a précisé Mohamed Iguerb Mamadou Boye Ba, Premier secrétaire de l’ambassade du Sénégal à Alger, a souligné que l’invitation de son pays au SILA 2014 coïncide avec le cinquantenaire du Festival culturel Panafricain, organisé à Alger en 1969. Il a rappelé que l’Histoire du Sénégal est ancrée dans celle du Continent avec « un fonds culturel riche et divers » et une grande diversité linguistique qui « nourrit la littérature moderne ». Outre l’arabe et le français, il a cité les anciennes langues de l’Afrique de l’Ouest comme le wolof (parlé par la majorité des sénégalais), le peul et le soninké. Il a évoqué les écrivaines telles qu’Amina Sowfall et Mariama Bâ qui ont porté au loin la voix de la littérature sénégalaise. Des représentants de l’Association des éditeurs sénégalais seront présents au SILA et auront, selon lui, à rencontrer des éditeurs algériens pour d’éventuels projets communs dans le futur.

Des réserves sur 56 titres

Djamel Foughali a annoncé que la Commission nationale de lecture et de suivi a exprimé des réserves sur des titres édités à l’étranger. “Pendant huit mois, la commission nationale s’est réunie trois fois par mois.  Elle a exprimé des réserves sur 56 livres sur 183.000 titres prévus au SILA, soit 0,03 %. Ces 56 livres traitent de la doctrine religieuse (musulmane). Ils n’arrivent pas en Algérie puisque les éditeurs des pays concernés sont informés par courrier. Les titres algériens qui ont reçu l’ISBN sont tous admis sans aucune réserve”, a-t-il détaillé. Interrogé sur les livres relatifs au mouvement de contestation en Algérie, parus récemment, Mohamed Iguerb a répondu par dire que tous les titres algériens qui ont reçu l’ISBN seront les bienvenus au salon. Cette année, le pavillon Ahaggar sera entièrement consacré à la littérature jeunesse et aux livres pour enfants. “C’est pour faciliter la tâche aux familles qui constituent 80 % de nos visiteurs. Pour le pavillon central, il y une pression monstre des éditeurs pour avoir un stand à l’intérieur. Pour juguler cette forte demande, nous avons retenus des critères : la priorité du Salon qui est la littérature, la création littéraire, l’ancienneté de la maison d’édition et le nombre de titres aux catalogues”, a souligné Mohamed Iguerb.