ALGÉRIE
25/02/2019 17h:52 CET | Actualisé 25/02/2019 17h:53 CET

22 février: Réactions des députés de l'opposition aux déclarations de Ouyahia

"Il a jeté de l'huile sur le feu".

NurPhoto via Getty Images
Ahmed Ouyahia lors de la présentation du bilan de la politique générale du gouvernement devant le parlement, 25 février 2019.

Des députés de l’opposition ont fustigé ce 25 février les déclarations de Ahmed Ouyahia sur les manifestations contre le 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika, estimant que ses propos “jettent de l’huile sur le feu”.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia, à l’occasion de la présentation de la politique générale du gouvernement devant l’Assemblée Populaire Nationale, a présenté les manifestations que connait le pays depuis plus d’une semaine comme un acquis démocratique.

“La constitution garantit aux Algériens le droit de manifester pacifiquement”, a indiqué M. Ouyahia.

Les rassemblements et les manifestations pacifiques sont souvent interdites, non seulement à Alger mais un peu partout dans le pays.

Le Premier ministre a aussi balayé les revendications, présentant la “conférence nationale” évoquée dans la lettre de candidature de M. Bouteflika comme réponse au changement demandé. Et sur le refus du 5e mandat, il a affirmé que lors de la présidentielle d’avril, “chacun a le droit de défendre son candidat et seule l’urne les départagera de manière pacifique”.

Des députés de l’opposition rencontrés à l’APN après les déclarations de Ahmed Ouyahia ont eu les réactions suivantes :

Nasser Hamdadouche - MSP: “Ces déclarations jettent de l’huile sur le feu. C’est une autre provocation envers le peuple algérien et une insistance sur la candidature de Abdelaziz Bouteflika et d’aller vers un 5e mandat. Les slogans ont pourtant été très clairs et tranchés dans toutes les wilayas du pays: Non au 5e mandat! Cet entêtement va provoquer la rue encore plus et va élargir les contestations. Ouyahia est responsable de ces tensions qui peuvent dégénérer”. 

Ramdane Youcef Taazibt - Parti des Travailleurs: “Le premier ministre a reconnu l’ampleur des manifestations mais il n’a pas répondu aux attentes. Non seulement ça, mais il a parlé d’une “conférence nationale” censée apporter de larges réformes et un amendement profond de la constitution. Mais si cette prétendue conférence va apporter des solutions à toutes ces questions, pourquoi organiser une élection présidentielle? Cette politique de fuite en avant n’augure rien de bon. La seule réponse qu’on peut adresser au pouvoir aujourd’hui, c’est qu’il faut satisfaire la volonté populaire”.

Djamel Baloul - FFS. “Ces remarques signifient une seule chose: Ils se sont accaparés la souveraineté du peuple algérien.Ça veut dire qu’ils méprisent ce peuple.Ça veut dire que cette mascarade électorale a déjà été tranchée par le gang au pouvoir. C’est la réponse à Ahmed Ouyahia mais elle n’est pas la nôtre, c’est celle du peuple algérien”. 

Hassan Aribi - Alliance Nadha - Adala - Bina: “Le peuple algérien a dit son mot en sortant manifester. Nous soutenons ces manifestations. Nous serons sur le terrain le 1er mars et nous allons marcher avec le peuple algérien dans sa marche de refus de la politique de ce système”.