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20/03/2015 05h:40 CET | Actualisé 20/05/2015 06h:12 CET

20 mars 2015 : J'aime la Tunisie, je rends ses libertés à son peuple!

ATTENTATS - Ce qui ne nous tue pas nous renforce, dit le philosophe. L'attentat terroriste qui a endeuillé notre chère Tunisie à la veille de la célébration de sa fête nationale était prévisible. Car le terrorisme n'est pas seulement le fait de jeunes dévoyés, devenus criminels.

Ce qui ne nous tue pas nous renforce, dit le philosophe. L'attentat terroriste qui a endeuillé notre chère Tunisie à la veille de la célébration de sa fête nationale était prévisible. Car le terrorisme n'est pas seulement le fait de jeunes dévoyés, devenus criminels.

Il est aussi dans des têtes supposées bien faites qui manipulent la détresse de tant de jeunes privés de leurs droits de vivre leur vie en toute liberté et qui basculent ainsi dans la détresse.

Mais le terrorisme est surtout la manifestation d'un désespoir dû à une misère sociale. C'est une telle misère qu'il convient de combattre au plus vite pour assécher les sources du terrorisme.

Aujourd'hui, plus que jamais, au moment où la Tunisie célèbre l'anniversaire de son indépendance politique dans les pires des conditions, le temps est venu d'annoncer l'indépendance du peuple tunisien en lui rendant ses libertés.

Allers aux sources occultes du terrorisme

Pour lutter contre la menace la plus grave à laquelle fait face le pays, c'est aux sources occultes du terrorisme qu'il faut s'attaquer, celles qui font dire des énormités à certaines de nos supposées élites sur l'islam, le dévoyant, en faisant une machine de guerre alors qu'il est d'abord une éthique de paix et d'amour.

Ceux qui, le jour même où notre pays a été endeuillé, ont vanté les mérites de la lutte armée appelée jihad n'ont rien compris à notre religion où le petit jihad est fini depuis longtemps. Aujourd'hui, il n'y a plus que le jihad akbar, l'effort maximal sur soi pour donner le meilleur exemple aux jeunes générations.

Il est temps que nos politiciens se décident à mettre en œuvre le caractère d'État civil de la Tunisie. Cela suppose que la législation contraire aux libertés privatives des citoyens soit abrogée au plus vite. Et dans ces lois, il y a bien toutes ces lois supposées morales et d'inspiration religieuse quand elles ne sont qu'immorales et d'inspiration répressive.

Je veux parler, par exemple, de la législation sur les drogues douces qui font quotidiennement banqueroute du futur de tant d'innocents les détournant pour un malheureux joint vers la délinquance. Une législation qui a fait l'objet d'une promesse électorale d'abrogation, mais qui reste toujours en vigueur.

Je veux parler aussi de la loi homophobe qui empêche des jeunes de vivre normalement leur sexualité et qui, en les condamnant à la prison sans avoir fauté le moins du monde, finit par les dresser contre leur société, apprenant la révolte et le banditisme dans ses prisons.

Je veux parler également de ces dispositions juridiques qui permettent aux forces de l'ordre d'espionner la vie privée des gens, surveillant et réprimant des actes nullement préjudiciables pour l'ordre public au lieu de s'occuper de ceux qui appellent à la haine et sèment la violence et la haine par des propos tombant pourtant sous le coup de la loi.

Je veux parler enfin de ces patrouilles de police et de gendarmerie qui ne surveillent plus nos frontières maritimes pour empêcher les gens de tenter l'aventure de la liberté et de la dignité que de renforcer leur surveillance de nos frontières terrestres et de s'opposer aux hordes sauvages qui menacent la paix du pays en s'adonnant à l'aventure de l'indignité et de l'asservissement.

Le vermicide de nos vers terroristes

Il est temps que la Tunisie, parce qu'on l'aime et parce qu'elle le vaut, soit le pays des libertés et retrouve la joie de vivre qui y a toujours caractérisé le mode de vie du Tunisien. Il est temps, si on chérit notre Tunisie, d'en faire un amour de pays en rendant ses libertés à son peuple !

Pour cela, il nous faut abolir de toute urgence les lois hypocrites qui sont les graines du terrorisme. Ce ne sera qu'en retrouvant ses libertés que le peuple aura confiance en ses élites, se solidarisant avec eux, faisant bloc derrière ceux qui auront prouvé aimer cette terre bénie. Ainsi, tout le peuple ou presque défendra son pays.

On saura alors qui aime vraiment la Tunisie parmi ses enfants et qui ne fait que semblant, ayant un mental terroriste, ne croyant qu'à l'exclusion et à la répression des moindres tentations libertaires chez le peuple de Tunisie. Or, celui-ci est né libre et le restera envers et contre tous les tartuffes de la religion et de la morale. Car la morale du Tunisien est éthique et esthétique, nullement prude.

Que le gouvernement en charge du pays, s'il est bien sincère dans sa volonté de lutter contre le terrorisme, commence par s'attaquer d'abord au terrorisme qui se niche dans les mentalités !

C'est en abolissant toutes les lois contraires aux libertés qu'il démasquera ceux qui dans le pays soutiennent en catimini les terroristes. De tels faux Tunisiens devront alors prouver, en acceptant l'abolition des lois scélérates, qu'ils ne nourrissent pas le terrorisme en Tunisie par leurs idées et leurs paroles. De fait, ils sont comme une cinquième colonne infiltrée chez nous. Et un tel ver est bien présent dans le fruit Tunisie ; le vermicide existe cependant.

D'une part, il résidera dans la réforme juridique abolissant les lois scélérates de la dictature qui redonnera enfin au peuple sa liberté, le reconnaissant digne de la démocratie. D'autre part, il prendra son assise sur une diplomatie enfin à l'écoute des exigences populaires et qui osera revendiquer pour le Tunisien politiquement mature le libre mouvement sous visa biométrique de circulation et l'annulation de la dette scélérate de l'ancien régime.

Seul un espace de démocratie, de solidarité effective et de libertés redonnera espoir à nombre de nos jeunes qui étouffent de ne pouvoir vivre normalement, finissant par répondre à l'appel de l'aventure qui est aujourd'hui le terrorisme.

Ainsi et ainsi seulement célébrera-t-on cette fête du 20 mars endeuillée par le drame, octroyant son indépendance à notre peuple en le libérant du corset des lois de la dictature qui le fait étouffer et balise le terrain aux terroristes.