TUNISIE
05/06/2018 16h:15 CET

1910 migrants tunisiens sont arrivés en Italie entre janvier et avril 2018 selon l'OIM

Le nombre de migrants tunisiens a explosé et a été multiplié par 8 par rapport à la même période en 2017.

Reuters Photographer / Reuters

Suite au naufrage survenu au large des côtes de Kerkennah dans la nuit du samedi au dimanche l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) des Nations Unies annonce qu’elle a recensé entre le le 1er janvier et le 30 Avril 2018 l’arrivée de 1910 migrants tunisiens en Italie dont 39 femmes et 307 mineurs, majoritairement non accompagnés. Ils étaient 231 pour la même période en 2017.

L’émigration irrégulière, la harga, a débuté dans les années 1990 entre la Tunisie et l’Italie et a véritablement explosé après la révolution.

Une hausse de l’immigration qui s’explique notamment par un fort taux de chômage, la cherté de la vie et par la pauvreté qui touche1,694 million d’individus, soit 15% de la population, et 26% dans les zones rurales. Un marché lucratif pour les trafiquants d’êtres humains, qui pour le passage de chaque migrants empochent entre 2000 et 3000 dinars, selon les chiffres de l’OIM.

Pour lutter contre ce trafic et tenter de réduire le nombre de migrants morts en mer Méditerranée, qui s’élève à plus de 3000 par ans toutes nationalités confondues, l’OIM recommande notamment aux autorités la sensibilisation quant aux risques de la migration illégale et la résolutions des causes de cette migration nécessaire pour certains.

SOFIENE HAMDAOUI via Getty Images

Kerkennah, un naufrage au lourd bilan

Parmi les 60 victimes repêchées du naufrage ayant eu lieu au large de Sfax dans la nuit de samedi à dimanche, la cheffe de mission de l’OIM à Tunis décompte 48 Tunisiens, 3 Ivoiriens, 2 Marocains, 1 Libyen, 1 Malien et 1 Camerounais.

Le bilan risque cependant de s’alourdir. Les autorités estiment qu’environ 180 individus se trouvaient dans l’embarcation et seuls 68 rescapés ont à ce jour été sauvés. L’OIM, épaulée par le Ministère de la Santé et le Croissant Rouge, s’est chargée de leur fournir un soutien psychologique au sein d’une cellule de crise, tandis que la marine et la garde nationale continuent de patrouiller la zone dans l’espoir de trouver d’autres survivants.

Lorena Lando, la cheffe de mission de l’OIM à Tunis, a exprimé ses condoléances. Il n’y a pas de mots pour décrire ce drame. Derrière ces chiffres, des hommes, des femmes et des enfants ont perdu la vie en poursuivant un rêve incertain. Nos pensées vont aux familles et proches des migrants décédés. Nous leur présentons nos sincères condoléances et leur assurons notre solidarité la plus absolue″.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.