ALGÉRIE
19/03/2019 10h:56 CET | Actualisé 19/03/2019 15h:41 CET

19 mars: les étudiants au RDV des mardis de la contestation

Reuters

Malgré les vacances obligatoires décrétées par l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, les étudiants ne faiblissent pas. Ils étaient des milliers à marcher ce mardi 19 mars 2019 à Alger contre le prolongement du 4e mandat du président Bouteflika. Un mot d’ordre: “Bled dialna ou ndirou rayna”.

Les étudiants de plusieurs facultés de la capitale ont répondu présent à l’appel à manifester. Ce matin, à l’occasion du 57e anniversaire de la Fête de la Victoire, ils se sont réunis un quatrième mardi de suite dans les principales rues de la capitale pour maintenir la pression sur le pouvoir.

Tout comme la semaine passée, ils ont réitéré leur rejet de la “feuille de route” attribuée au président Boutelfika pour sortir de la “crise politique actuelle”. A travers une marche organisée, voire disciplinée, ils ont exigé le départ immédiat du Chef de l’Etat.

Les étudiants se rassemblaient peu à peu après 09H30 sur l’Esplanade de la Grande-Poste. Emblèmes nationaux sur le dos, pancartes à moitié brandies, ils attendaient le coup d’envoi de la marche. En attendant, à la rue Abdelkrim Khettabi, des dizaines d’autres étudiants commençaient déjà à se rassembler pour entonner des slogans contre le pouvoir puis l’hymne national, à l’occasion du 57e anniversaire de la Fête de la Victoire. 

La première procession s’est mobilisée quelques minutes plus tard sous le siège du RND. Comme un orchestre, le groupe, dont la première ligne était circoncise par ses banderoles, répondait en choeur aux consignes de quelques meneurs. “Djazair, Hourra Democratiya”,“la tamdid la tajdid matlabna houwa al rahil”, “FLN dégage”, scandaient-ils, reprenant les initiatives de leurs camarades. 

Mehdi Alioui pour le HuffPost Algérie

La marche a commencé quelques minutes plus tard. Les manifestants se dirigeaient vers la rue Pasteur. Encerclés par un cordon de leurs camarades, qui étaient chargés d’empêcher tout débordement, ils observaient ainsi des arrêts pour entonner des chants patriotiques avant de reprendre leur lente allure en direction de la Place Audin.

A la sortie du Tunnel des Facultés, des forces de l’ordre bloquaient déjà les accès au Boulevard Mohamed V. Le cordon des étudiants, sur instructions de leurs meneurs, déviait à chaque fois la trajectoire de la procession vers la rue Didouche, évitant le moindre affrontement avec les éléments anti-émeutes. 

Plusieurs autres groupes d’étudiants, parfois rassemblés par facultés, avaient entamé entre-temps leurs marches au même endroit. La première procession arrivait quant à elle à la Grande-Poste, où les médecins et enseignants universitaires tenaient également un sit-in. 

Cette quatrième manifestation est marquée par les vacances imposées par le ministère. Des vacances qui leur ont permis de s’organiser, de trouver de nouveaux slogans et de manifester en carrés bien ordonnés. 

Mehdi Alioui pour le HuffPost Algérie

Les étudiants ont, en parallèle, enclenché un processus de concertation et la mise en place de comités de débat et de concertations au niveau des facultés.

Un travail pédagogique s’y fait en présence des enseignants, impliqué, eux même dans ce mouvement de contestation national sans précédent.