MAROC
17/06/2018 17h:11 CET

162.000 enfants exercent un travail dangereux au Maroc

Plus de 80% d'entre aux ont quitté l'école.

ABDELHAK SENNA via Getty Images

TRAVAIL - 162.000 enfants exercent un travail dangereux au Maroc, selon les derniers chiffres du Haut-commissariat au plan (HCP) publiés ce dimanche 17 juin, quelques jours après la journée mondiale contre le travail des enfants.

Ainsi, en 2017, sur les 7.049.000 enfants âgés de 7 à 17 ans, 247.000 travaillaient, et parmi ces derniers, 162.000 exerçaient un travail revêtant un caractère dangereux, soit un taux d’incidence de 2,3%, note le HCP. Les enfants astreints à ce type de travail vivent en majorité dans le milieu rural (76,3%), 81% sont des garçons et 73% sont âgés de 15 à 17 ans.

81,4% ont quitté l’école

38.000 travaillent dans le milieu urbain, soit 85,6% des enfants au travail dans les villes (45.000 enfants) et 1% de l’ensemble des enfants citadins (4.026.000 d’enfants), détaille le HCP. Pour ceux vivant dans le monde rural, ces proportions sont respectivement de 124.000, 61,4% (202.000 enfants au travail) et 4% (3.023.000 enfants).

Par région, les enfants qui exercent des métiers dangereux se trouvent principalement à Casablanca-Settat (25,3%), Marrakech-Safi (20,3%), Rabat-Salé-Kénitra (12,7%) et Fès-Meknès avec 11,7%.

10,6% des enfants exerçant un travail dangereux sont en cours de scolarisation, 81,4% ont quitté l’école et 8% ne l’ont jamais fréquentée.

“Le travail dangereux reste concentré dans certains secteurs économiques et diffère selon le milieu de résidence”, précise le HCP. Ainsi, dans le milieu rural, le secteur de l’agriculture, forêt et pêche concentre le plus d’enfants exerçant des travaux dangereux (82,6%). En ville, ils sont concentrés dans les services (52,7%) et dans l’industrie, y compris l’artisanat (32%).

Le BTP, secteur le plus dangereux

Parmi les secteurs où le niveau d’exposition des enfants à ce risque est le plus élevé figure, en particulier, le secteur des BTP avec 92%, suivi de l’industrie y compris l’artisanat (83,7%), les “services” (82,4%) et l’agriculture, forêt et pêche” (58,6%).

“Ce type de travail demeure l’apanage de certains statuts professionnels et diffère selon le milieu de résidence”, indique encore le HCP. Ainsi, dans les zones rurales, 73,3% des enfants exerçant un travail dangereux sont “aides familiales” et 19,6% “salariés”. En milieu urbain, 43% des enfants sont “salariés”, plus du tiers (34,6%) “apprentis” et 18,8% “aides familiales”.

Si l’incidence du travail dangereux au Maroc est de l’ordre de 2,3%, elle est, selon les statistiques de l’Organisation internationale du travail (OIT), de 4,6% à l’échelle mondiale, soit le double du niveau national. Cette incidence passe de 1,5% au niveau des États arabes à 3,2% dans les Amériques, puis à 3,4% dans la région Asie-Pacifique, et à 4% en Europe et Asie centrale pour culminer à 8,6% en Afrique.

En volume, sur un total d’environ 1,6 milliard d’enfants vivant dans le monde, 73 millions ou 4,6% vivent d’un travail dangereux selon les statistiques des Nations Unies.