ALGÉRIE
03/09/2019 13h:45 CET | Actualisé 03/09/2019 13h:50 CET

16 morts et plus de 100 blessés dans une explosion à Kaboul

STR via Getty Images
Afghan security forces walks as municipal workers gather to clean up near the crater from where a tractor packed with explosives exploded the night before at the Green Village in Kabul on September 3, 2019. - A massive blast in a residential area of Kabul killed at least 16 people, officials said September 3, following yet another Taliban attack that came as the insurgents and Washington try to finalise a withdrawal deal. (Photo by STR / AFP) (Photo credit should read STR/AFP/Getty Images)

Un attentat suicide revendiqué par les talibans a fait seize morts et plus d’une centaine de blessés, lundi soir.

“L’explosion a été causée par un tracteur chargé d’explosifs”, a précisé tôt mardi un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi, ajoutant que 119 personnes avaient également été blessées.

L’attentat à Kaboul s’est produit au moment même où la télévision afghane diffusait une interview de l’envoyé américain Zalmay Khalilzad, dans laquelle il évoquait l’accord de paix en cours de négociation avec les talibans.

L’analyste pakistanais Rahimullah Yousufzai ne voit rien d’étonnant à ce que les talibans recourent à de tels actes de violence tout en négociant parallèlement la paix avec les Américains.“Faire pression fait partie de la stratégie des talibans. Ils sont convaincus que c’est grâce à leur puissance militaire et à leurs attentats que les Américains ont été contraints de leur parler”, a-t-il dit à l’AFP.

“C’est l’arme qu’ils ont entre leurs mains et ils vont continuer de l’utiliser jusqu’à qu’ils atteignent leurs objectifs”, estime-t-il.

Coïncidence

Ces événements ont coïncidé avec l’arrivée dimanche soir à Kaboul de M. Khalilzad, ancien ambassadeur américain en Irak et en Afghanistan, et lui-même d’origine afghane.

Il s’est entretenu dès son arrivée avec le président Ashraf Ghani pour faire le point à l’issue du 9e cycle de négociations avec les talibans conclu quelques heures auparavant à Doha (Qatar).

Cela fait un an que M. Khalilzad discute d’un compromis avec les insurgés pour tenter de mettre fin à 18 ans de guerre en Afghanistan, et un accord historique en ce sens est désormais considéré comme imminent.

Le gouvernement afghan a jusqu’ici été largement tenu à l’écart des pourparlers de Doha, les talibans arguant qu’il n’est qu’une marionnette de Washington.

Un porte-parole du président, Sediq Sediqqi, a estimé lundi que “le plus important était que la violence des talibans s’arrête”.

Cinq bases 

Le texte prévoit que l’armée américaine retirera ses forces de cinq bases militaires d’Afghanistan si les talibans tiennent leurs engagements, a révélé M. Khalilzad lundi lors de son entretien à la chaîne afghane Tolo News.

“Nous sommes tombés d’accord, si les conditions sont conformes à l’accord, que nous quitterons d’ici à 135 jours cinq bases dans lesquelles nous sommes présents actuellement”, a-t-il ajouté.

Quelque 14.000 militaires américains sont actuellement déployés en Afghanistan, selon le Pentagone, et le président américain Donald Trump a déclaré jeudi dernier qu’en cas d’accord, 8.600 soldats américains resteraient dans un premier temps dans le pays.

En échange de ce retrait, les talibans devraient fournir des garanties en matière de lutte contre le terrorisme.

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, avait auparavant dit espérer qu’un accord de paix pourrait être conclu d’ici au 1er septembre, avant l’élection présidentielle prévue le 28 septembre en Afghanistan.

M. Ghani répète que le scrutin se déroulera comme prévu à cette date, mais nombre d’observateurs en Afghanistan se montrent sceptiques en raison des violences et du chaos régnant dans le pays.