ALGÉRIE
30/06/2019 15h:50 CET | Actualisé 30/06/2019 16h:27 CET

16 manifestants placés sous mandat de dépôt pour "atteinte à l'unité nationale"

Ramzi Boudina / Reuters

Les 16 manifestants interpellés lors de la marche du 19e vendredi pour “port de drapeau amazigh”, ont été placés sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal Sidi M’Hamed, a-t-on appris auprès de l’avocate Me. Bekhti Aouicha.

Les manifestants, interpellés pour port de drapeau amazigh, ont comparu devant le Procureur près le même tribunal avant de les déférer auprès d’un juge d’instruction. 

Ils sont accusés d’“atteinte à l’unité nationale”, énoncé par l’article 79 du code pénal, à l’instar des manifestants placés sous mandat de dépôt la semaine passée.

Parmi les personnes interpellées figure un Palestinien. “Il est de père et mère palestinien, détenteur de la nationalité algérienne, qui a été interpellé car il portait un drapeau amazigh”. Un autre, placé sous mandat de dépôt, ne faisait que vendre des drapeaux, dont ceux des clubs de football, racontait la même avocate, qui s’est dite “choquée” à la sortie du tribunal.

Une élue APW du RCD, Samira Messouci, figure également parmi les personnes placées sous mandat de dépôt.

Selon la même source, d’autres manifestants seront présentés demain, lundi, devant le même tribunal. “Leur garde à vue a été prolongée. D’après les échos au tribunal, une jeune fille de 19 ans figure parmi ce groupe”, a-t-elle rajouté.  

Plutôt, un rassemblement en soutien à ces détenus a eu lieu devant le même tribunal. 

Des chefs de partis politiques à l’instar de Zoubida Assoul et Mohcen Belabbes, ainsi que des militants et activistes sont venus renforcer les rangs des familles et de ceux qui sont venus crier leur rejet de l’arbitraire et de l’injustice.

Dimanche dernier, 19 manifestants ont été mis sous mandats de dépôt par les magistrats au niveau des tribunaux de Sidi M’hame et de Bab el Oued (Baïnem).

Les manifestants, faut-il le rappeler, avaient été arrêté pour port de l’emblème amazigh. On avait retenu contre eux l’atteinte à l’unité nationale. Une accusation qui pourrait leur valoir jusqu’à 10 ans de prison. 

La défense des détenus avaient dénoncé, alors, de “fortes pressions exercées sur les magistrats” en charge de ces affaires.