ALGÉRIE
24/05/2019 16h:45 CET

14e vendredi de marche à Alger : volonté et persévérance

Ghada Hamrouche pour le HuffPost Algérie

Marcher à contre-courant des manifestants de ce 14e vendredi de soulèvement populaire, permet de mieux voir les visages de la révolution. Ces hommes et ces femmes qui marchent depuis trois mois vers un meilleur avenir, demandant en toute légitimité le droit à la parole, et restent pacifiques malgré la répression policière. Ce vendredi ils sont plus nombreux et plus unis, défiant tous ceux qui s’entêtent et veulent faire taire leur voix.

 

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La journée de ce 14e vendredi de manifestation pacifique à Alger a commencé sous haute tension. Les citoyens découvrent dès le matin un dispositif policier important dans chaque coin de rue d’Alger-Centre. Les policiers à cran, dispersent les groupes, fouillent les passants et interpellent sans motifs apparents les passants.

 

 

Une intimidation qui ne semble pas avoir eu son effet sur les manifestants. Dès 11 heures, leur nombre s’accroit. Ils font face aux policiers qui leur barrent le chemin au boulevard Abdlekrim Khattabi et ceux qui bloquent l’accès au tunnel des facultés. Sur un ton défiant, et en s’adressant à ces gardiens des places fétiches de la contestation, les manifestants scandent les slogans habituels avec fougue, “Gaid Salah dégage”, “pas d’élections avec les gangs”, “le pays et le nôtre et fera ce qu’on voudra”.

 

C’est aussi l’occasion pour beaucoup d’annoncer le programme du 4 juillet prochain, un groupe de manifestants crie à tue-tête «le 4 juillet on fera une manifestation».

Mais le coup d’envoi de cette 14e manifestation est donné officiellement après la prière. Des marées humaines arrivent des différents quartiers d’Alger-Centre : Didouche Mourad, Boulevard Amirouche, Hassiba Benbouali, 1er mai et bien d’autres.

A vue d’oeil, le nombre de manifestants est beaucoup plus important que les deux derniers vendredis. Une forte énergie émane de ces foules. Les voix s’élèvent au rythme des slogans scandés. Ils campent sur leur position “on veut un état civil et non un État militaire”.

Si la police a réussi à s’approprier les places-symboles des manifestants à savoir la Grande Poste et le tunnel des facultés, ces derniers ont inauguré ce 24 mai un nouveau lieu de rassemblement : place des martyrs.

Ce vendredi encore les manifestant mettent le vice-ministre de la défense au cœur de leur revendication. “Gaid Salah dégagé” l’emporte haut la main. D’autres le mettent en garde “si vous ne cessez pas de réprimer les élites vous aurez des responsabilités devant l’histoire”, peut-on lire sur la pancarte d’un manifestant. D’autres font en plus simple, en barrant avec une croix rouge le portrait de Gaid Salah.

 

 

En somme, la détermination des Algériens ne faiblit pas d’un cran. Le départ des symboles du pouvoir est la clé du changement.