ALGÉRIE
27/05/2015 10h:26 CET | Actualisé 27/05/2015 11h:23 CET

14 responsables de la Fifa mis en examen pour corruption

Un séisme a secoué la Fifa ce 27 mai avec l'arrestation, à Zurich à la demande des autorités américaines, de six responsables soupçonnés de corruption, à deux jours de l'élection pour la présidence où Joseph Blatter, à la tête de la haute instance du football mondial depuis 1998, briguera un 5e mandat.

Selon les autorités suisses, les six responsables interpellés sont soupçonnés d'avoir accepté des dessous de table d'un montant de plusieurs millions des années 1990 à nos jours.

Le New York Times, qui a révélé l'affaire, a indiqué que des policiers suisses se sont présentés au petit matin dans le luxueux hôtel cinq étoiles Baur Au Lac du centre de Zurich, où sont logés les principaux dirigeants de la Fifa. Deux hommes non menottés ont été emmenés. Parmi eux, figurait Eduardo Lio, du Costa Rica.

Selon le quotidien new-yorkais, les accusations visent des faits de corruption au cours des vingt dernières années. Elles portent notamment sur des attributions de coupes du monde, de droits de marketing et de télévision.

Les accusations visent également des escroqueries par voie électronique, des faits de racket et de blanchiment d'argent.

Les accusations concernent au total une dizaine de personnes, précise le journal, mais certaines d'entre elles ne se trouvent pas actuellement à Zurich.

Qui sont Impliqué ?

Le Département de la Justice a inculpé Pour corruption neuf élus de la Fifa et cinq partenaires de l'instance mondiale du football, pour des faits s'étalant sur les 24 dernières années.

Sont notamment inculpés, toujours selon le ministère américain, Jeffrey Webb, vice-président de la Fifa et président de la Concacaf, Eduardo Li, membre des comités exécutifs de la Fifa et de la Concacaf, Julio Rocha, chargé du développement à la Fifa, Costas Takkas, attaché au cabinet du président de la Concacaf, Eugenio Figueredo, actuel vice-président de la Fifa, Rafael Esquivel, membre du comité exécutif de la Conmebol, José Maria Marin, membre du comité d'organisation de la Fifa pour les jeux Olympiques, et Nicolas Leoz, ancien membre du comité exécutif de la Fifa, ainsi que le sulfureux Jack Warner, un ancien membre du comité exécutif de la Fifa, déjà impliqué dans de nombreuses affaires de corruption.

Jack Warner impliqué

Parmi les dirigeants présents ou passés de la Fifa visés par les accusations figurent Jeffrey Webb (Iles Caïman), Eugenio Figueredo (Uruguay), tous deux membres du comité exécutif, et Jack Warner (Trinité-et-Tobago), un ancien membre du comité exécutif, déjà impliqué dans de nombreuses affaires de corruption.

Le Prince Ali, candidat à la présidence vendredi face à Sepp Blatter, a lui évoqué dans un bref communiqué "un jour triste pour le football". "L'affaire connaît ses développements actuellement, des détails émergent, il ne serait pas approprié de faire d'autres commentaires pour l'heure", a-t-il ajouté.

La procédure avait été ouverte par la procureure Loretta Lynch, entre-temps devenue ministre de la Justice de Barack Obama. "Selon la demande d'arrestation américaine, l'entente relative à ces actes aurait été conclue aux Etats-Unis, où ont également eu lieu les préparatifs. Des paiements auraient transité par des banques américaines", ajoute le communiqué suisse.

Demande d'extradition

Les suspects interpellés font l'objet d'une demande d'extradition américaine. Ils vont être entendus par la police de Zurich. Ceux qui accepteront leur extradition feront l'objet d'une procédure simplifiée "par laquelle l'OFJ (Office fédéral de la Justice) pourra sans délai approuver la demande d'extradition vers les Etats-Unis et l'exécuter".

Pour ceux qui s'y opposeront, "l'OFJ priera les Etats-Unis de faire parvenir une demande formelle d'extradition à la Suisse dans le délai de 40 jours prévu par le traité d'extradition en vigueur entre les deux pays", selon le communiqué.

La candidature de Blatter n’est pas remise en cause

L'élection à la présidence de la Fifa aura lieu comme prévu vendredi malgré la révélation de cette nouvelle affaire de corruption, a assuré lors d'une conférence de presse Walter De Gregorio, directeur de la communication de l'instance.

M. Blatter, âgé de 79 ans, est au centre de nombreuses critiques pour sa gouvernance de la richissime instance, qui a enregistré un chiffre d'affaires de près de 2 milliards d'euros en 2014, année de la dernière Coupe du monde.

De nombreuses accusations de corruptions, relayées par les médias, ont visé notamment l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar.

LIRE AUSSI: Plusieurs dirigeants de la Fifa arrêtés dans une enquête pour corruption

La Justice américaine inculpe 9 élus et 5 fonctionnaires de la Fifa pour corruption

Le Département de la Justice a inculpé pour corruption neuf élus de la Fifa, ainsi que cinq fonctionnaires de l'instance mondiale du football, pour des faits s'étalant sur les 24 dernières années, a annoncé le ministère américain ce mercredi.

Par ailleurs, le siège de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), situé à Miami, a été perquisitionné dans le cadre de cette procédure, a précisé le Département de la Justice.

Dans une procédure distincte, le parquet suisse a annoncé avoir saisi des documents électroniques au siège de la Fifa à Zurich. Ces saisies ont eu lieu dans le cadre d'une procédure pénale contre X pour soupçon "de blanchiment d'argent et gestion déloyale" entourant les attributions des Coupes du monde de football de 2018 et 2022.

Cette procédure, ouverte depuis le 10 mars, n'avait pas été rendue publique jusqu'à aujourd'hui.

La conférence de presse de Walter De Gregorio, directeur de la communication de l'instance de la Fifa en trois points

  • L'élection à la présidence de la Fifa maintenue pour vendredi.
  • Blatter, et son secrétaire général Jérôme Valcke "ne sont pas impliqués" dans cette affaire.
  • Les Coupes du monde 2018 et 2022 en Russie et au Qatar, se tiendraient comme prévu.

La Confédération africaine maintient son soutien à Blatter

La Confédération africaine de football (CAF) a maintenu son soutien à Joseph Blatter, qui brigue vendredi un 5e mandat à la présidence de la Fifa, malgré un nouveau scandale avec l'arrestation de sept responsables soupçonnés de corruption et la perquisition du siège de l'instance à Zurich.

LIRE AUSSI:FIFA: les soupçons de corruption illustrés en cinq affaires

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.