MAROC
22/02/2019 15h:31 CET

Espagne: 14 ans de prison pour le policier qui avait abattu un Marocain de cinq balles dans la tête

Au lieu des 22 ans de prison initialement requis par le Tribunal supérieur de Madrid.

EFE

JUSTICE - Ángel Luis Viana, le policier espagnol qui a abattu de cinq balles dans la tête un ressortissant marocain en avril 2016, écope d’une peine de prison de 14 ans, rapporte l’agence EFE. 

Près de trois ans après le drame, la Cour suprême espagnole a tranché et confirme le jugement du Tribunal supérieur de justice de Madrid, qui avait revu à la baisse la peine de 22 ans à 16 ans de prison contre le policier de la Guardia civil, indique la même source. Des examens révélaient que le prévenu souffrait “d’un délire psychotique le jour des faits”, résultat d’une consommation de drogue, rapportent les médias espagnols.

Ce vendredi, Ángel Luis Viana a ainsi été reconnu coupable de “conduite imprudente” et d’“assassinat” pour un meurtre commis avec “trahison et cruauté”, précise le média TeleMadrid

Qualifié devant la cour, lors de précédentes audiences, d’“analphabète émotif, maître de la manipulation et de la tromperie”, le policier “n’a pas agi comme un agent de la loi, mais comme un meurtrier”, invoquait la partie de l’accusation. Il avait alors été reconnu coupable en 2016 par un jury populaire dans le cadre d’un procès auprès de l’Audience provinciale de Madrid.

Le drame s’était produit tôt un matin, sur l’autoroute A-3, dans la région de Madrid, au niveau de la ville de Fuentidueña de Tajo. Au volant de son véhicule, Younes Slimani, un Marocain âgé de 39 ans aurait tapé dans la barrière centrale de l’autoroute avant de rebondir contre la voiture conduite par l’agent de police. Une altercation serait alors née entre les deux hommes, avant que Ángel Luis Viana, qui n’était pas en service ce jour-là et avait quitté son domicile avec une machette de 45,5 centimètres et son arme réglementaire, ne sorte son arme et n’ouvre le feu sur la victime, criblant son corps de 14 balles, dont 5 dans la tête.

En janvier 2018, l’accusé avait tenté de justifier son acte en indiquant qu’il pensait alors ”éviter un attentat terroriste”, comme le rapportait un article d’El Mundo. La défense avait alors invoqué un enchaînement dramatique après que le Marocain l’ait “défié du regard”. “Il pensait qu’il s’agissait d’un terroriste et a tenté de l’arrêter par tous les moyens. C’est pourquoi il a tiré des coups de feu vers la voiture et qu’il est sorti en courant”, a plaidé l’avocat de la défense. Poursuivi avant de tomber à terre, le Marocain a commencé à invoquer Allah et des cantiques (sic), a poursuivi la plaidoirie, indiquant que l’agent a pensé que la victime s’apprêtait à ce moment-là à actionner une ceinture d’explosifs.