MAROC
16/07/2019 10h:59 CET

"13 Reasons Why": la scène du suicide de la saison 1 coupée par Netflix

Sensible à la polémique sur ces images explicites, Netflix a décidé de couper la scène.

Le HuffPost

SÉRIES TÉLÉ - La diffusion de la première saison de “13 Reasons Why” a eu un effet paradoxal. Si elle a permis une certaine libération de la parole chez les adolescents autour de la dépression et du suicide, elle a aussi suscité l’inquiétude des spécialistes, craignant au contraire que la série incite les plus jeunes téléspectateurs. 

C’est pourquoi, dans un souci de continuer à sensibiliser sans prendre de risques, Netflix a décidé de supprimer la polémique scène du suicide de Hannah Baker dans le dernier épisode de la saison 1.

“Nous avons entendu de la part de nombreux jeunes gens que ’13 Reasons Why’ les a encouragés à avoir des discussions sur des sujets difficiles comme la dépression, le suicide, comment demander de l’aide -souvent pour la première fois”, a souligné mardi 16 juillet la plateforme dans un communiqué.

“Alors que nous nous préparons à lancer la saison 3 cet été, nous sommes attentifs aux débats toujours en cours sur la série. C’est pourquoi sur les conseils d’experts en médecine (...) nous avons décidé avec le créateur Brian Yorkey et les producteurs de ’13 Reasons Why’ de supprimer la scène dans laquelle Hannah se donne la mort dans la saison 1.”

La scène de près de trois minutes pendant laquelle Hannah Baker met fin à ses jours dans sa baignoire a ainsi été coupée. On peut toujours la voir, prenant sa décision face au miroir, et comprendre en même temps que ses parents qu’elle s’est suicidée, mais les images les plus explicites ne sont plus visibles.

Malgré les avertissements de Netflix à chaque début d’épisode, les psychologues s’étaient inquiétés, au-delà de cette scène, des effets potentiellement néfastes que pourrait avoir la série.

“Nous recommandons que des jeunes vulnérables, tout particulièrement ceux qui ont pu penser au suicide, ne regardent pas cette série”, avait par exemple indiqué l’Association nationale des psychologues scolaires (NASP). “Ce récit fort pourrait donner à des téléspectateurs impressionnables une vision romancée des choix que font les personnages”, poursuit la NASP, “ou avoir des fantasmes de vengeance”. 

Une étude publiée en avril 2019 allait d’ailleurs en ce sens. Des chercheurs ont en effet démontré que le taux de suicide chez les jeunes âgés de 10 à 17 ans avait augmenté de 28,9% un mois après la diffusion de la série. 

Contacté par Le HuffPost à ce sujet, Charles-Édouard Notredame, pédopsychiatre et membre de Papageno, un programme de prévention de la contagion suicidaire, relativise ce chiffre. S’il estime que la première saison “coche à peu près toutes les cases de ce qui est le plus à risque en termes de contagion suicidaire” et que “présenter par exemple la scène du suicide de façon aussi claire, c’est typiquement le genre de choses à ne pas faire”, il affirme également qu’elle a eu un effet positif. 

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.