ALGÉRIE
05/04/2018 17h:50 CET | Actualisé 05/04/2018 18h:02 CET

120 secondes pour sauver la vie des athlètes pris de malaises graves sur le terrain

Secours et malaises cardiaques dans le foot: l'équipement, c'est bien, la formation au CPR c'est mieux.

JOE KLAMAR via Getty Images
Match Algérie - Iran le 27 mars 2018 en Autriche.

Deux malheureux accidents ont remis la question de la mort subite des footballeurs dans les stades au cœur de l’actualité. Les autorités insistent sur la présence des équipements de secours autour du terrain alors que des spécialistes soulignent l’importance de la formation des joueurs aux secours nécessaires afin de lutter contre le phénomène. 

Le triste décès du joueur Daoud Bourzeg (NRB Dehamcha, amateur) en février suite à un arrêt cardiaque en plein match a poussé la FAF (Fédération algérienne de football) à rendre impérative la présence d’un défibrillateur et d’une ambulance à chaque rencontre, une bonne chose selon des spécialistes qui préconisent aussi la formation des joueurs et des arbitres aux premiers secours.

“Ce sont les personnes les plus proches du joueur qui peuvent le mieux l’aider. L’arbitre, les coéquipiers ou les adversaires sont sur le terrain et doivent agir les premiers en cas d’accident”, a indiqué jeudi 5 avril dans un entretien sur Radio M Dr. Yacine Zerguini, vice-président de la commission médicale de la CAF et membre de la commission médicale de la FIFA.

L’interview, programmée depuis quelques jours, a eu lieu le lendemain du décès d’Abderrahmane Bouyermane, gardien de réserve de l’USM Alger suite à un arrêt cardiaque également. Une autre tragédie soulignant l’importance d’agir vite pour endiguer ce phénomène.

 

Dans tous les cas où ces gestes ont été mis en place dans les temps, tous les athlètes ont été sauvés: 100% de réussite.

 

Pour Dr. Zerguini, les joueurs doivent être la cible de la formation à la réanimation cardio-pulmonaire (CPR), très utile dans ces cas et très simple. “On peut sauver la vie de quelqu’un sans avoir fait des études médicales ou paramédicales”, a-t-il souligné. 

Le facteur temps est essentiel également et met en évidence l’importance de la formation en question: Le massage cardiaque et la défibrillation doivent avoir lieu 120 secondes après le malaise pour pouvoir sauver le joueur, et il se peut que les secours n’atteignent pas le terrain à temps.

“Dans tous les cas où ces gestes ont été mis en place dans les temps, tous les athlètes ont été sauvés. 100% de réussite”, a expliqué le membre de la commission médicale de la FIFA.

 

Lire aussi: Réglementation de la FAF: Il ne peut y avoir de match sans la présence d’une ambulance et d’un défibrillateur

 

Le choc Foé

Il y a actuellement près de 200 000 footballeurs licenciés en Algérie, toutes catégories confondues. Un chiffre qui va continuer à augmenter, rendant urgente la lutte contre la mort subite sur les terrains.

Au niveau international, le décès en 2003 de l’international camerounais Marc Vivien Foé lors d’un match suite à un arrêt cardiaque a ému le monde entier et provoqué une prise de conscience. 

Lire aussi: Un joueur de réserve de l’USMA meurt suite à une crise cardiaque

Ainsi et en plus de l’organisation des secours sur le terrain, la FIFA a mis en place un système de prévention qui s’est traduit par l’adoption du PCMA, une évaluation médicale pré-compétitive appliquée par tous les clubs.

L’instance mondiale de football a également élaboré un programme pour aider les clubs à acquérir des défibrillateurs avec des prix moins chers, en association avec un fabriquant.

“Toutes les institutions liées au football peuvent s’adresser à la FIFA pour acquérir ce genre d’équipement”, a expliqué Dr. Yacine Zerguini. 

Selon lui, exiger qu’un défibrillateur soit présent lors de chaque match des 69 ligues algériennes ne devrait pas être un problème. “Je ne doute pas que la FAF, en donnant ces directives, va aider à acquérir ces équipements”, a affirmé Dr. Zerguini.  

 

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