ALGÉRIE
03/05/2019 17h:00 CET

11e Vendredi: Les Algériens répondent à Gaid Salah en trois slogans

AFP

Le soulèvement populaire se poursuit et la mobilisation est intacte. Les Algériens manifestent ce 11e vendredi de suite contre le pouvoir en place, pour réitérer une énième fois leurs revendications.

A Alger, une marée humaine a subitement déferlé dans les principales artères du centre-ville, quelques minutes après la prière du vendredi, pour revigorer une matinée “tranquille” et dissiper, par la même occasion, les doutes chez certains.

Comme attendu, ce 11e vendredi, intervenant après une semaine riche en événements, se veut une réponse aux dernières déclarations du chef d’Etat-major, Ahmed Gaid Salah, qui a sommé les Algériens de “dialoguer avec les institutions” et de participer aux élections du 04 juillet.

Les manifestants ont également fait part de leur refus de ce système et des “solutions” avancées par le Chef de l’état par intérim, Abdelkader Bensalah et le Premier ministre, Nourreddine Bedoui. 

Une détermination principalement exprimée en trois slogans, outre les “traditionnels” chants entonnés par les manifestants depuis le 22 février 2019.

1 - “Makanch el intikhabat, ya l 3issabat”

Mardi dernier, Gaid Salah, en visite de travail à Constantine, 5e Région Militaire, a affirmé que les prochaines élections présidentielles constituent “la solution idéale” à la crise politique actuelle. Il a fait part de l’attachement du commandement de l’armée à la Constitution, “cautionnée par le peuple à travers ses représentants au Parlement”, invitant les citoyens à élire le “président légitime” qui devrait répondre au reste de leurs revendications. 

Les Algériens, eux, ne semblent pas voir les choses de la même manière. Loin de là. Après avoir exprimé leur volonté de voter une nouvelle Constitution, ils n’ont cessé d’exprimer leur rejet des présidentielles sous la responsabilité de Abdelkader Bensalah et Nourreddine Bedoui, accusés d’avoir “fraudé les précédentes élections”. 

Aujourd’hui à Alger, les manifestants n’ont pas manqué de répliquer, et sèchement, à la sommation du chef d’Etat-major. Emblèmes nationaux et pancartes brandies, ils scandaient ainsi “Makanch el intikhabat, yal 3issabat”.

2 - “Gaid Salah, raïs El 3issaba”

Le discours du général Corps d’armée et son “correctif”, publié par le MDN le lendemain, n’ont aucunement atténué la colère des Algériens. Tout au contraire. Accusé lors du 10e vendredi de “protéger la bande”, qu’il avait lui-même dénoncé après avoir appelé à l’application de l’article 102 contre Abdelaziz Bouteflika, Gaid Salah en a, de nouveau, eu pour son grade aujourd’hui 03 mai.

A Alger, les manifestants étaient nombreux à scander “Gaid Salah, Raïs El 3issaba” (chef de la bande). Un slogan déjà entonné lors du 10e vendredi, lorsque des manifestants qualifiaient les poursuites judiciaires de “pièces de théâtre” tant que Said Bouteflika, “qui a usurpé le cachet présidentiel”, est toujours libre.

A travers leurs pancartes aujourd’hui, ils ont exigé le départ du vice-ministre de la Défense ou son “positionnement du côté du hirak”. 

 3- “Maranach Habsin, fi ramdan khardjin”

 Ce 11e vendredi de manifestation intervient quelques jours avant le début du mois sacré de ramadan, où certains tablent sur un “essoufflement” du mouvement populaire.

Les manifestants, eux, ont surtout fait part de leur détermination de poursuivre le hirak durant ce mois sacré. Après la prière du Tarawih, quelques heures avant leftour ... cela semble être du dernier point à discuter.